Margot & Louis, 4 ans de stop autour du monde (Partie 1/2)

2 octobre 2024

Voyage en stop : Margot et Louis, quatre ans sur la route

Une pépite d’or pour acheter des bananes dans un village minier du Venezuela : Margot et Louis ont appris à suivre les règles locales, souvent imprévues. Dans ce 11e épisode de la série Interviews, ils reviennent sur quatre années de voyage en stop, de vélo et de nuits improvisées avec Papa, Maman, tout va bien !

Depuis le Brésil, où Béranger Natanelic les a rencontrés, le couple déroule une route commencée en septembre 2020. Margot et Louis disent avoir parcouru plus de 100 000 kilomètres et être montés dans plus de 2 000 véhicules. Voitures, camions, bateaux, canoës, tracteurs, charrettes et même chevaux ont jalonné leur progression. Pourtant, ce sont surtout les personnes rencontrées qui donnent sa direction à leur récit.

Pourquoi le voyage en stop les conduit vers les autres

Pour Margot, tendre le pouce permet de parler avec des inconnus de tous horizons. Ainsi, le couple rencontre des personnes issues de milieux, de religions et de professions variés. Les discussions portent sur la famille, l’éducation ou la politique, selon les échanges et les pays traversés.

Louis et Margot ne disent pas être partis pour fuir leur vie parisienne. Ils y avaient des emplois qui leur plaisaient, ainsi que l’envie ancienne de faire un tour du monde. Le défi compte aussi beaucoup pour eux. Ils évoquent notamment vingt-quatre heures d’attente sous la neige dans les montagnes tadjikes, puis huit heures dans le désert namibien avec un seul bidon d’eau.

Ils associent enfin cette pratique à une logique environnementale : ils remplissent un véhicule qui roule déjà dans leur direction. Pour ce voyage en stop, ils privilégient donc la patience, y compris lorsque les voitures passent sans s’arrêter. Ils citent les États-Unis et le Panama parmi les pays où cette attente a parfois été longue.

Au Venezuela, des bananes payées en or

Le Venezuela a été traversé rapidement, peu avant des élections et une possible fermeture des frontières annoncée par le président selon leurs souvenirs. Le couple souhaitait rejoindre le Brésil avant ce scrutin. Ils racontent aussi des contrôles policiers et militaires nombreux sur leur itinéraire vers Boa Vista.

Dans une zone minière, ils arrivent de nuit à El Dorado. Le lendemain, un commerçant refuse leurs dollars pour des bananes et leur explique que les paiements se font en or. Ils échangent alors des dollars contre une petite quantité d’or chez des commerçants chinois. Chaque transaction se mesure avec une balance digitale, une coupelle et une pince. Ils gardent depuis une minuscule pépite comme souvenir.

Cette scène résume leur manière d’avancer : observer, demander et adapter leurs plans. D’ailleurs, les frontières, les contrôles ou l’état des routes modifient souvent leur journée. Leur récit reste attentif aux contextes politiques rencontrés, sans les séparer des gestes très concrets du bord de route.

Des invitations qui déplacent l’itinéraire

En Ouzbékistan, un jeune conducteur nommé Islam les emmène dans une direction opposée à leur trajet prévu. La conversation passe par Google Traduction et par les gestes, car ils ne partagent pas de langue commune. Ensuite, il leur présente sa famille et des lieux dont ils n’avaient jamais entendu parler.

Plus tard, une enfant les invite auprès de sa famille alors qu’ils campent dans les plaines. Ils passent deux jours avec elle et ses proches. Le père leur sert notamment de la vodka dès le petit déjeuner. Ce type d’invitation spontanée nourrit leur voyage en stop, mais aussi leurs étapes à vélo, quand ils vont demander l’autorisation de planter leur tente dans un jardin.

Leur duo facilite parfois les échanges, estiment-ils. Margot explique qu’au Moyen-Orient, voyager avec Louis lui a donné accès à des moments entre hommes auxquels elle n’aurait probablement pas été conviée seule. En Arabie saoudite, elle se souvient ainsi d’une soirée avec des hommes en tenue traditionnelle, de la musique et du gin à l’hibiscus.

Iran, Tadjikistan et Irak : les routes racontées

En Iran, ils retiennent l’hospitalité d’un conducteur nommé Mehdi, puis un repas familial et une danse kurde. Dans le Baloutchistan, deux pick-up remplis d’hommes les emmènent aussi passer une soirée sur une plage. Le groupe prépare un barbecue, avant de repartir à l’aube dans l’autre sens. Margot et Louis marchent alors jusqu’à la route suivante.

Le couple a également passé deux mois au Tadjikistan, dont un dans le Pamir. Ils y alternent marche et autostop afin de traverser plus lentement les villages. Ils relatent aussi une période de tensions à Khorog, avec une route bloquée et internet coupé pendant deux semaines. Pour prolonger ce regard sur la région, écoutez aussi quatre récits de traversée de l’Iran à vélo.

Enfin, dans le Kurdistan irakien, une rencontre les conduit à un mariage dans le village chrétien d’Alqosh. Ils assistent à une messe en chaldéen, puis aux danses de la fête. Leur voyage en stop repose souvent sur ces détours acceptés plutôt que sur un calendrier tenu à tout prix.

D’autres voyageurs y sont allés

Écoutez cet épisode pour suivre, avec Margot et Louis, les choix quotidiens d’un voyage en stop au long cours.

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