Alexandre, un tour d’Europe à vélo

28 mai 2025

Europe à vélo : Alexandre privilégie les rencontres

En Europe à vélo, Alexandre a parfois roulé treize kilomètres dans une journée. Dans ce 18e épisode de la série « Interviews », il raconte à Papa, Maman, tout va bien ! comment les invitations ont redessiné son itinéraire, jusqu’à son arrêt à Varsovie.

Parti le 1er janvier 2025, Alexandre quitte la France avec une idée simple : rejoindre Istanbul, remonter vers le Cap Nord, puis revenir sans avion ni train. Après cinq années dans l’armée, il avait déjà effectué quelques escapades en France, en Suisse et jusqu’en Espagne. Cette fois, il engage ses économies et son matériel dans un projet au long cours. Quatre mois plus tard, un problème de santé met fin à la route polonaise.

Europe à vélo : rouler moins pour s’arrêter davantage

Le déclic remonte à 2019. Alors militaire, Alexandre découvre des vidéos de Cyclonomade, deux amis partis en Iran à vélo. Il achète alors un premier vélo et des sacoches. Durant une permission, il tente une première sortie depuis le Grau-du-Roi vers l’Espagne. Il part trop chargé, sans trousse de secours ni outils de réparation.

Pourtant, cette expérience imparfaite lui donne envie de prolonger l’aventure. À la fin de son contrat, sa reprise d’études ne se déroule pas comme prévu. Il choisit donc de partir. Son tracé reste volontairement large, avec Istanbul et le Cap Nord comme grandes étapes.

D’abord, Alexandre se met la pression pour respecter un rythme. Ensuite, il comprend que les grandes distances lui retirent une part du plaisir. Son voyage se construit alors autour des arrêts, des discussions et des personnes rencontrées. Une journée peut commencer vers 9 heures, entre flocons d’avoine, café lyophilisé et rangement de la tente. Il prend ensuite la route vers 11 heures, avant de chercher un lieu où dormir dès la fin d’après-midi.

Des sacoches qui ouvrent les portes

Le vélo chargé attire la curiosité. Alexandre le constate aussi bien lors de petites sorties françaises que sur cet itinéraire européen. Ses sacoches indiquent qu’il voyage, et cette visibilité facilite les conversations. Souvent, il laisse simplement entendre qu’il cherche où planter sa tente. Ainsi, les personnes désireuses de l’aider peuvent proposer spontanément une solution.

Il mentionne aussi Warmshowers, une application utilisée par des voyageurs à vélo pour s’accueillir. En Albanie, un couple américain rencontré par ce biais lui explique qu’il est possible de frapper aux portes dans les Balkans. Alexandre n’ose pas toujours le faire. En revanche, il demande parfois où trouver le prêtre d’un village. Cette recherche permet d’expliquer son besoin et peut déboucher sur un emplacement près d’une église ou dans un jardin.

À Crémone, en Italie, cette idée lui est notamment suggérée par un hôte. Par ailleurs, il préfère cette manière indirecte à une demande frontale. Elle évite, selon lui, de mettre mal à l’aise les personnes qui ne pourraient pas accueillir. Pour prolonger ces récits de guidons et de routes, écoutez aussi Gérard Bastide et ses itinéraires à vélo.

Au Kosovo, un repas et un détour choisi

Le Kosovo est le pays qui marque le plus Alexandre. Avant d’y entrer, il reconnaît avoir eu des appréhensions liées à ce qu’il avait entendu sur son histoire récente. Or, dès son premier jour, il reçoit du thé, des invitations et même des nuits d’hôtel offertes. Initialement, il voulait seulement traverser le pays entre l’Albanie et la Macédoine du Nord.

Finalement, il modifie son trajet et pédale jusqu’à la capitale pour rester davantage. Dans un restaurant, il s’apprête à partir faute de pouvoir payer par carte. Plusieurs clients lui demandent alors de s’asseoir. L’un règle son repas, tandis que d’autres commandent aussi de quoi manger le soir. Alexandre n’avait rien demandé.

En Europe à vélo, ces gestes font basculer les programmes les plus précis. En Grèce, une très courte journée de route l’amène dans un village où se tient une fête. Il y reste plusieurs jours. Il explique que ces localités peu touristiques deviennent souvent les lieux de ses moments les plus forts, parce qu’il peut s’y arrêter plutôt que les traverser.

Une nuit au Monténégro après l’orage

Au Monténégro, une journée de côte se passe mal. La circulation est dense et les automobilistes klaxonnent beaucoup. De plus, Alexandre a perdu sa tente quelque temps auparavant. Alors que l’orage approche, il envisage de dormir dans un bâtiment abandonné.

Puis il aperçoit un homme sur le toit d’une construction. Après un signe de la main et une conversation en anglais, il explique chercher un abri. L’homme lui laisse un appartement pour la nuit et revient ensuite avec un repas. Alexandre repartira le lendemain sans le revoir. Cet épisode résume la place prise par les imprévus dans son trajet.

Il raconte aussi avoir pleuré régulièrement, parfois devant un paysage, parfois simplement de joie. Cependant, il ne défend pas le vélo comme une épreuve sportive. Pour lui, la lenteur permet de choisir son rythme, de s’arrêter et de découvrir des villages qui resteraient invisibles depuis une voiture.

Varsovie, l’arrêt accepté plutôt que subi

Après quatre mois, Alexandre arrive à Varsovie, en Pologne. Un souci de santé apparaît le matin même. Il consulte rapidement un médecin francophone, trouvé grâce au site de l’ambassade française. Sans entrer dans les détails médicaux, il précise que le problème n’est pas grave, mais qu’il rend la pratique du vélo difficile et risquée.

Il décide donc de rentrer en France pour se soigner et retrouver ses proches. Ce choix interrompt son objectif de Cap Nord. Pourtant, Alexandre dit avoir relativisé plus vite qu’il ne l’aurait imaginé. Les changements de météo, les rencontres et les détours lui ont appris à ne pas tout contrôler.

Cette Europe à vélo pourrait toutefois connaître une suite. Alexandre réfléchit à l’usage d’un vélo couché, potentiellement plus compatible avec sa situation. Il envisage aussi d’écrire un livre sur cette aventure. Entre-temps, ses vidéos quotidiennes, très courtes, lui ont permis de partager les grandes étapes et de rencontrer d’autres voyageurs.

À écouter aussi sur Allô la Planète

Écoutez l’épisode pour suivre Alexandre, de ses premiers coups de pédale à son retour depuis Varsovie.

Carte d'embarquement

Ce voyage vous a plu ? Embarquez pour le prochain.

Nouveaux podcasts, récits de voyageurs et rendez-vous de la radio : la newsletter d'Allô la Planète, sans escale et sans spam.

logo papa maman tout va bien podcast voyage allo la planete, podcast voyage

Papa, Maman, tout va bien !

Papa, Maman, tout va bien !

Plus d'info


Avis des lecteurs

Envoyez-nous une carte postale

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les cartes sont lues par l'équipe avant publication. Les champs marqués * sont obligatoires.