Équateur – Axelle

19 juin 2024

Vivre en Équateur : le quotidien d’Axelle à Cuenca

Vivre en Équateur, pour Axelle, c’est rentrer parfois à pied le soir à Cuenca et payer son déjeuner deux dollars. Dans ce 24e épisode de la série « Pays », elle raconte Papa, Maman, tout va bien ! depuis cette ville andine où elle travaille dans une école française.

Béranger Natanelic échange avec Axelle, conseillère principale d’éducation dans une école biculturelle de Cuenca. Arrivée après l’assassinat du candidat présidentiel Villavicencio, elle connaissait les informations inquiétantes venues de France. Pourtant, son premier sujet d’appréhension était surtout l’altitude : Cuenca se trouve à environ 2 600 mètres, tandis que Quito dépasse les 2 800 mètres.

Vivre en Équateur face aux questions de sécurité

La sécurité ouvre naturellement la conversation. Axelle distingue cependant les situations selon les villes et les quartiers. À Cuenca, elle dit ne s’être jamais sentie en insécurité pendant son année sur place. Même lors de la fermeture temporaire de l’école en janvier 2024, elle pouvait sortir et circuler dans la ville.

Elle nuance aussi son regard sur Quito et Guayaquil. Cette dernière est considérée comme la ville la plus dangereuse du pays. Pourtant, Axelle y a passé un week-end chez une amie, dans des secteurs connus de son entourage. Elle insiste donc sur l’importance d’être accompagné et de se renseigner localement, sans réduire tout le pays à une seule réalité.

Pour Béranger, qui traverse le pays, cette diversité de situations compte aussi dans le voyage. Son récit de l’Équateur en stop prolonge d’ailleurs cette attention aux rencontres et aux itinéraires. Axelle retient surtout la vie quotidienne de Cuenca, calme et praticable à pied.

Des prix fixes, du riz-poulet et la côte Pacifique

Vivre en Équateur, c’est aussi s’habituer à une monnaie peu attendue : le dollar américain. Axelle cite un almuerzo à deux dollars et une course en taxi à Cuenca entre un dollar cinquante et trois dollars. Une bière peut coûter deux dollars, selon l’endroit. Les prix affichés lui ont particulièrement plu, car elle ne ressent pas le besoin de négocier.

Dans l’assiette, les régions offrent des habitudes différentes. Sur la côte, Axelle évoque le ceviche, l’encebollado et les chifles, ces chips servies notamment avec les soupes de poisson. Les bananes vertes prennent aussi plusieurs formes : patacones, bolones ou tigrillos. À Cuenca, elle cite le mote pillo, préparé à base de maïs.

Le petit déjeuner peut être copieux et reprendre ces plats salés. Ensuite, au déjeuner, le riz et le poulet reviennent souvent, parfois accompagnés de pâtes ou de frites. Axelle mentionne aussi le cuy, ou cochon d’Inde, comme une spécialité réellement consommée. Elle ne l’a toutefois pas encore goûté.

Volcans, Amazonie et trajets en bus

Le pays se découvre selon Axelle entre la Sierra, la côte et l’Amazonie. Les randonneurs peuvent se tourner vers les volcans, dont le Chimborazo et le Cotopaxi. De son côté, elle a visité Cuyabeno, une réserve amazonienne où elle a découvert la faune, la flore et le rythme d’un village.

La côte Pacifique reste sa région préférée. Elle y apprécie l’ambiance festive, la danse et la facilité des rencontres. Les Galápagos l’ont également marquée, notamment les tortues croisées sur les routes et dans l’eau. En revanche, elle prévient que l’archipel représente un budget important pour les visiteurs non résidents, avec une entrée annoncée à 200 dollars, en plus d’autres frais.

Pour circuler, Axelle conseille les bus. Les terminaux terrestres relient les villes et les départs sont fréquents. Elle estime qu’un séjour de deux semaines donne déjà un aperçu du pays. Cependant, ce délai ne permet pas forcément d’ajouter les Galápagos à l’itinéraire.

L’enfant au centre de l’école biculturelle

Vivre en Équateur a aussi conduit Axelle à revoir ses repères professionnels. Son établissement privé suit les lois équatoriennes et accueille majoritairement des élèves équatoriens. À 18 ans, ils peuvent y obtenir le baccalauréat équatorien et le baccalauréat français. Elle y observe une place très importante accordée à la parole de l’enfant.

Dans les conflits, les adultes doivent d’abord écouter l’élève et employer des mots mesurés. Axelle cite le Código de la Niñez y de la Adolescencia, qui encadre ces pratiques. Un propos jugé inadapté peut faire l’objet d’un signalement aux autorités compétentes. Cette exigence lui a appris la médiation et une autre manière de résoudre les problèmes.

Elle note aussi une relation plus proche entre adultes et élèves. Les professeurs et les enfants peuvent se tutoyer ou s’appeler par leurs prénoms. Ainsi, son expérience ne se limite pas à l’expatriation : elle nourrit directement sa réflexion sur l’éducation.

Une invitation spontanée dans un bus de nuit

Le souvenir le plus marquant d’Axelle commence dans un bus de nuit entre Quito et Puerto López. Après plusieurs heures à discuter avec ses voisins, elle accepte l’invitation d’une passagère à dormir chez les parents de celle-ci. La famille lui propose un repas, un lit, puis un panier de sandwiches pour poursuivre sa route.

Le lendemain, ses hôtes l’accompagnent même jusqu’au terminal et vers la ville suivante. Ils s’inquiètent aussi de savoir si ses parents étaient rassurés. Axelle est restée en contact avec Rita, la voyageuse rencontrée dans le bus. Cette hospitalité résume, pour elle, l’attention reçue lors de ses déplacements.

Enfin, elle partage deux images de fêtes locales : les feux d’artifice très présents à Cuenca et les batailles d’eau du carnaval. Durant cette période, enfants, adultes et personnes âgées s’arrosent dans les rues. Entre feu et eau, ces scènes complètent le portrait d’un quotidien qu’aucun simple itinéraire ne suffit à décrire.

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Écoutez l’épisode pour suivre les repères d’Axelle, de Cuenca à la côte Pacifique.

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