Colombie et Équateur en stop

3 juillet 2024

Colombie Équateur en stop : les premiers doutes de Béranger

Seul à la sortie de Carthagène, Béranger Natanelic attend des heures au bord de la route, sans vraiment parvenir à communiquer. Dans ce 4e épisode de la série « Tour du monde en stop », Papa, Maman, tout va bien ! raconte une Colombie Équateur en stop faite de fatigue, d’entraide et de choix à revoir.

Après une traversée de l’Atlantique et de la mer des Caraïbes, Béranger arrive au port de Carthagène. Son équipière suédoise vient de le quitter. Il ne parle pas espagnol et ressent brutalement la solitude. Pourtant, il veut poursuivre vers le sud, en direction de Medellín, Cali, puis de la frontière équatorienne.

D’abord, ses premiers essais déjouent ses attentes. À une station-service puis à l’intersection d’El Viso, son pouce et son carton ne suffisent pas. Les camions passent, les vitres teintées masquent les regards, et la nuit approche. Il finit par louer une chambre sommaire chez l’habitante d’un hospedaje, au bruit continu des poids lourds.

Colombie Équateur en stop : trouver sa méthode

Le lendemain, après plusieurs heures infructueuses, Béranger change de tactique. Il va parler directement aux personnes qui font le plein. La première qui accepte l’emmène sur quelques heures de route. Plus tard, deux policiers le prennent avec eux alors qu’ils partent retrouver un criminel. Ils font aussi une pause pour lui faire goûter un avocat.

Il rejoint ensuite Rincón del Mar pour quelques jours, première halte de son voyage Colombie Équateur en stop. Le lieu lui offre une vue sur la mer, mais le repos ne suffit pas à dissiper ses doutes. Dans l’auberge, il peine à trouver sa place parmi les voyageurs déjà réunis en groupes. Cependant, un appel d’El Gato Negro lui apporte un peu de réconfort et de recul.

Pour gagner Medellín, il enchaîne ensuite les attentes et les transports inattendus. Depuis Sincelejo, un chauffeur de camion l’embarque finalement pour une longue route nocturne. Le conducteur lui demande de rester éveillé afin de lui tenir compagnie. Une pause de deux heures permet tout de même aux deux hommes de dormir avant l’arrivée.

De Medellín à Cali, le plaisir revient par la route

À Medellín, Béranger choisit un hôtel plutôt qu’une nouvelle auberge. Il y dort presque sans interruption pendant deux jours. Puis, il retrouve des connaissances et visite la ville à son rythme. Cette pause lui permet de récupérer après les nuits chaudes, les longues attentes et le trajet en camion.

Ensuite, il repart vers Cali. Un routier l’installe à l’arrière d’un porte-conteneurs vide, sur une simple plate-forme. Le trajet est inconfortable, mais la vue porte loin sur les reliefs. Entre Medellín et Buga, il découvre les premiers paysages de la cordillère des Andes.

À Buga, il apprécie l’ambiance nocturne, les promeneurs et la petite cathédrale. Surtout, il prend conscience de sa liberté totale : personne ne l’attend et son itinéraire reste ouvert. À Cali, l’accueil de la famille colombienne d’une amie lui redonne aussi de l’élan. Il commence alors à aligner quelques mots d’espagnol.

Une nuit difficile avant la frontière équatorienne

La route de Cali vers Ipiales lui laisse un souvenir plus tendu. Un chauffeur de camion, qui transporte des tomates, roule lentement toute la nuit. Il demande à plusieurs reprises de l’argent pour l’essence et promet de le rembourser à la frontière. Béranger lui confie finalement ses derniers pesos colombiens.

À quatre heures du matin, le camion prend la direction d’un passage frontalier non officiel. Béranger refuse de le suivre, car la zone lui paraît risquée. Le conducteur le laisse alors à Ipiales sans rembourser l’argent. Seul, il cherche d’abord refuge dans une station-service fermée, où des chiens de garde le font repartir.

Finalement, il attend le jour caché près d’un chantier. Il explique après coup qu’il aurait plutôt dû chercher un hôpital, un poste de police ou un lieu plus fréquenté. Son récit ne réduit pas la Colombie à cet épisode : il rappelle aussi les nombreuses personnes accueillantes rencontrées sur la route. D’ailleurs, un autre récit de Colombie en stop prolonge cette traversée dans un épisode ultérieur.

En Équateur, ralentir pour mieux voyager

Le passage en Équateur change aussitôt l’atmosphère. À la frontière, un policier lui souhaite chaleureusement la bienvenue et l’encourage à tenter le stop. En quelques secondes, une voiture le conduit jusqu’à Tulcán. Là, les sourires, un restaurant accueillant et les premiers échanges lui donnent une impression radicalement différente.

La Colombie Équateur en stop lui apprend pourtant qu’avancer vite a un coût. Après une journée de route jusqu’à Quito et une nuit blanche, il commande un repas dans sa chambre d’hôtel. Ce moment lui fait comprendre qu’il s’éloigne de ce qu’il cherche. Il décide donc de lever le pied, de prévoir davantage ses demandes d’hébergement et de respecter son énergie.

Sur la route de Cuenca, plusieurs conducteurs lui confirment ce qui motive son choix du stop. Deux prêtres, un jeune camionneur, un restaurateur et deux femmes lui offrent des trajets très différents. Il peut parler, écouter, pratiquer l’espagnol et découvrir les paysages par les yeux de celles et ceux qui y vivent. Plus tard, depuis Zumba, il rejoint enfin une frontière très peu fréquentée pour poursuivre vers le Pérou.

D’autres voyageurs y sont allés

Écoutez l’épisode pour suivre ces premiers kilomètres, leurs détours et les leçons qu’ils font naître.

Carte d'embarquement

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