Priscilla x Nicaragua

Marc-Antoine Malaspina 12 décembre 2018

Voyager avec endométriose : Priscilla au Nicaragua

Voyager avec endométriose impose parfois de compter les médicaments, les pauses et les heures de repos. Dans ce 3e épisode de Bourlinguez, Priscilla raconte deux semaines au Nicaragua, entre côte Pacifique, volcans et île d’Ometepe. Elle y cherche des paysages encore peu fréquentés, tout en adaptant chaque étape à son corps.

Priscilla voyage depuis l’âge de 8 ans. Pourtant, lorsqu’elle apprend à 21 ans qu’elle souffre d’endométriose, elle craint de devoir abandonner cette habitude. En 2017, elle part finalement avec un ami pour deux semaines au Nicaragua. Le duo prépare son itinéraire, les hébergements et les trajets, car son sac contient une trousse de médicaments très lourde. Cependant, cette préparation ne ferme pas la porte aux ajustements sur place.

Voyager avec endométriose : organiser sans renoncer

Avant le départ, Priscilla achète un guide papier et le remplit de post-it. Elle regarde aussi des vidéos pour se faire une idée des paysages. Désormais, elle préfère connaître les lieux où elle dormira et éviter les longues recherches d’hôtel avec son sac à dos. Dormir par terre n’est pas une option pour elle, car le lendemain pourrait devenir trop difficile.

Pour autant, le programme n’est pas figé. Sur Ometepe, le groupe choisit ainsi de rester une nuit supplémentaire parce que l’île lui plaît. Les excursions se décident aussi au fil des discussions avec les voyageurs rencontrés. Priscilla rappelle que voyager avec endométriose demande surtout de connaître ses limites et de s’accorder le droit de ralentir.

Des tortues sur la côte et un volcan à descendre

Le voyage commence à Las Peñitas, au nord du pays, sur la côte Pacifique. Priscilla y assiste à la naissance de petites tortues de mer. Les animaux mesurent moins de cinq centimètres de diamètre. Avec le coucher du soleil et la plage qui s’étire des deux côtés, ce moment donne une tonalité particulière au début du séjour.

Ensuite, elle rejoint le Cerro Negro, un volcan situé au centre du Nicaragua. L’excursion prévoit de gravir la pente avec une luge sur le dos, puis de redescendre sur les cendres. La montée annoncée en quarante-cinq minutes en prend une heure et demie pour Priscilla et son ami. Elle souffre, son cœur bat très fort, et son compagnon l’aide à avancer avec sa perche de GoPro.

Au sommet, le cratère et les autres volcans se dessinent autour d’elle. Puis vient la descente, rapide et caillouteuse, qu’elle raconte avec enthousiasme. Cette ascension prend pour elle la valeur d’une bataille remportée contre les limites imposées par la maladie. Plus tard, à Masaya, elle observe aussi la lave d’un volcan de nuit et ressent la chaleur qui s’en dégage.

Ometepe, les routes difficiles et les imprévus

Au milieu du plus grand lac d’Amérique centrale, Ometepe est formée de deux volcans. Priscilla et son ami louent un quad, car les routes de l’île sont réputées difficiles. Dans leur auberge de jeunesse, ils rencontrent deux Françaises avec lesquelles ils poursuivent la découverte de l’île. Les souvenirs comprennent aussi une tarentule dans les toilettes sèches et un nid de frelons au-dessus de leur lit.

À quatre heures du matin, ils embarquent également en kayak pour voir le lever du soleil. Une vague submerge alors la caméra de Priscilla, pourtant rangée dans une boîte hermétique. Malgré cet incident, la balade reste un souvenir amusant. Une randonnée vers une cascade s’avère plus éprouvante encore : deux kilomètres dans la jungle, avec un important dénivelé.

Priscilla envisage plusieurs fois de s’arrêter. Pourtant, elle atteint la cascade et profite d’un bref répit dans ses douleurs. Elle évoque la douche sous l’eau fraîche, l’air de la jungle et le soulagement arrivé au sommet. Pour elle, voyager avec endométriose peut aussi apporter ce type de respiration, même après un effort difficile.

Le bon compagnon de route et le rythme choisi

Le voyage se termine à San Juan del Sur. Priscilla et son ami y trouvent une ambiance davantage tournée vers la fête que vers ce qu’ils recherchent. Son ami prend une leçon de surf, mais ils préfèrent les paysages, les animaux et les espaces naturels découverts auparavant. Ils se lèvent tôt et ne cherchent pas les soirées tardives.

Elle insiste surtout sur le rôle de son compagnon de voyage. Il porte parfois son sac, accepte les pauses et la laisse dormir lorsqu’elle en a besoin. Cette présence lui permet de ne pas se sentir jugée quand la douleur s’impose. Elle a déjà voyagé seule, notamment deux semaines en Californie, mais elle souligne qu’à deux, il est plus facile de trouver une solution lorsque porter son sac devient impossible.

Au retour, Priscilla apprécie de retrouver sa famille et ses amis, tout en pensant déjà au prochain départ. Elle travaille alors sur ses photos et ses vidéos, puisqu’elle exerce dans l’audiovisuel. Elle réalise aussi de courts films de voyage. Son conseil aux personnes malades reste simple : préparer, se renseigner sur les prix locaux, puis partir à son rythme sans laisser la maladie décider seule.

D’autres voyageurs y sont allés

Écoutez le récit de Priscilla pour suivre ce Nicaragua préparé avec soin, vécu intensément et raconté sans masquer les difficultés.

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