Jérémy Bigé, la longue marche dans les Monts Célestes
AnBé 30 juin 2026
Traverser les Monts Célestes à pied, sur la Route de la Soie
2 000 km à pied, 90 000 m de dénivelé, 90 jours de marche : en 2022, Jérémy Bigé a traversé les Monts Célestes et le Pamir-Alaï, de Karakol au Kirghizistan jusqu’à Douchanbé au Tadjikistan. Son GPS ? De vieilles cartes militaires soviétiques et le livre d’une femme exceptionnelle, Ella Maillart. Oui, on est clairement dans le genre aventure grand format. C’est le dernier épisode de la saison 11 de Storylific, et il vaut clairement le détour.
Peut-on encore explorer un monde qu’on croit entièrement cartographié ? Jérémy dit de lui qu’il aime « jouer aux explorateurs ». Et quand le terrain de jeu s’appelle les Monts Célestes, avoue que le jeu prend une sacrée envergure. Pour lui, peu importe la géographie : si l’esprit est ouvert et prêt à s’émerveiller, l’exploration reste bien réelle.
D’ingénieur à marcheur au long cours : le déclic
Au départ, rien ne le prédestinait à l’aventure. Il sort d’une école d’ingénieur grenobloise, où il a choisi la mécanique… pour ne fermer aucune porte. Ironie du sort, c’est une autre porte qui s’ouvre. En 2018, pendant une année de césure, il traverse le Népal à pied avec trois copains de prépa, tout en animant des ateliers de sciences dans une école de Katmandou.
La parenthèse ne s’est jamais refermée. Aujourd’hui, il est accompagnateur en moyenne montagne et moniteur de ski. Et la marche longue distance est devenue sa façon à lui de connaître le monde.
Sur les traces d’Ella Maillart dans les Monts Célestes
Son itinéraire met ses pas dans ceux d’Ella Maillart, mais aussi dans ceux des caravanes qui sillonnaient la Route de la Soie. Et le décor change tout le temps : plaines venteuses, plaines marécageuses, cols à 4 300 mètres, glaciers, montagnes arides, vallées verdoyantes. Le projet a d’ailleurs été soutenu par les bourses de la Guilde et d’Expé.
Mais attention : l’exploit sportif n’est pas le cœur du sujet. Pour Jérémy, c’est juste le moyen. Le vrai but, c’est l’immersion. Dans la géographie, dans l’histoire, et dans ses propres ressources, physiques comme mentales. Sa philosophie du voyage ultraléger tient en une phrase : c’est refuser de porter le poids de ses peurs.
Pourquoi « la bonté des hommes augmente avec l’altitude » ?
Tout au long du chemin, il y a les yourtes des jailoo, ces pâturages d’été. Toujours ouvertes à qui passe par là. L’hospitalité des nomades kirghizes et tadjiks, c’est clairement ce que je retiens de cet épisode. Jérémy la résume en une formule : plus le territoire est hostile, plus les cœurs s’ouvrent. À force, il est devenu lui aussi un peu « fils du vent ». Un passager de la terre, plutôt qu’un conquérant.
On parle aussi de la peur qu’on apprivoise, de la solitude qu’on habite, de l’art de filmer une aventure sans se la gâcher… et de Samarcande, bien sûr.
Fils du vent : un film, un livre, et la suite
De cette marche sont nés un documentaire primé en festivals et un premier livre, Fils du vent, chez Glénat. L’écriture, bouclée trois ans après le voyage, lui a permis de mettre des mots sur ce qu’il avait surtout ressenti dans sa chair. Et une belle plume se révèle au passage. En 2024, il est reparti, du Cachemire indien jusqu’au Népal : 2 400 km à travers l’Himalaya occidental. Sa marche la plus exigeante, dit-il.
D’autres voyageurs y sont allés
- Cédric au Kirghizistan, dans Bourlinguez
- Tempête de neige au Kirghizistan
- Christophe au Tadjikistan, dans Bourlinguez
- Tous les épisodes de Storylific
- Photos et liens de l’épisode sur le site de Storylific
- Le livre Fils du vent chez Glénat
Bref, enfile tes chaussures (ou pas) et viens marcher de yourte en yourte avec Jérémy. Bonne écoute !
Allo La Planète 