Allo La Planète

La radio voyage

En ce moment

Titre

Artiste


LES SERPENTS D’AUSTRALIE

Écrit par le 25 novembre 2025

L’Australie abrite 20 des 25 serpents les plus venimeux au monde, dont le taïpan et le brown snake. Les rencontres restent rares et les morsures mortelles exceptionnelles : 1 à 4 décès par an dans tout le pays, et il existe un antivenin pour toutes les espèces australiennes. En cas de morsure, le protocole officiel est la pression-immobilisation, détaillée en fin d’article.

Aujourd’hui je vous raconte les serpents d’Australie !

Je vous avez déjà parlé de ma traversée à pied et à vélo du pays en partant du point le plus à l’est jusqu’au point le plus à l’ouest. C’était mon aventure de 2020,  » Un Horizon Rouge « .

Et bien aujourd’hui nous retournons en plein Outback pour parler herpétologie. Non, ce n’est pas une maladie honteuse qu’attrapent les PVTISTES dans quelques auberges de jeunesse. L’herpétologie, c’est la science naturelle qui traite des reptiles. Et justement, l’Australie compte sur ses terres les serpents les plus venimeux de la planète.

Dans les forêts, les déserts, les rivières, la campagne et même en ville, ils sont partout.

Je ne vous parlerai aujourd’hui que des deux plus venimeux… Je vous épargnerai les description du Death Adder et autre Tiger Snake

Le Taïpan

Le taïpan peut mesurer jusqu’à deux mètres.  Il est considéré comme le serpent le plus venimeux au monde. Par chance il vit dans les zones très reculées de l’Outback et il est ainsi très rare de le croiser. Attention malgré tout ! Lorsqu’il se sent menacé, il devient très agressif et il est très rapide.

Le Brown Snake

Lui aussi peut mesurer jusqu’à deux mètres. Il est le deuxième plus venimeux au monde et en Australie on distingue deux espèces: le Western Brown Snake et le Eastern Brown Snake. Ce dernier est celui qui est responsable du plus grand nombre de morsures dans le pays. Lui aussi est de genre agressif et nerveux. Les Australiens le surnomme le serpent  » Sept pas « . Vous savez pourquoi ? Selon la légende, s’il vous mord vous ne parviendrez qu’à faire sept pas avant de succomber.

Lors de mon expédition, j’ai rencontré un Brown snake. Sacrée expérience… Voici d’ailleurs un extrait de mon livre  » Un Horizon Rouge « …

Ma mésaventure

 » Il y a une énorme bosse sous la tente. Tout au fond au niveau des pieds. Je fais toujours très attention où j’installe mon camp et je suis persuadé qu’elle n’y était pas hier soir. Impossible que ce soit une pierre. J’ai bien ma petite idée de ce que cela peut être. J’attrape le bâton de marche rangé dans mon sac. Je donne un petit coup dans cette boule… C’est mou et surtout… ça bouge ! Génial ! C’est un serpent ! J’en étais sûr. Je pourrais le pousser et le chasser de là-dessous mais je ne verrais pas où il partirait et je ne serais pas rassuré en sortant de la tente sans savoir où il se trouve. Il vaut mieux voir aussi de quelle espèce il s’agit.

Je m’habille. J’enfile mes chaussures. Je déplie le bâton de marche. Dehors le ciel est sublime. Pas un seul nuage, les étoiles brillent par millions. Ce serait une nuit magnifique pour mourir. Je ne vais quand même pas me laisser tenter. Je dois agir avec prudence. Il n’y a pas de réseau où je me trouve. Si je me fais mordre je ne pourrai pas appeler les secours. Faut pas que je me rate.

C’est peut-être la mort qui est tapie là-dessous et pourtant c’est plus fort que moi, j’aime cette situation. C’est potentiellement dangereux. Il faut trouver rapidement la bonne solution. Je ne peux compter que sur moi pour m’en sortir. De la bonne adrénaline comme j’adore. Bon… Toutes les précautions auxquelles j’ai pu penser sont prises. J’y vais… Je passe le bâton sous la tente, je sens que je touche le serpent. Je le pousse. Il sort.

Il est grand. Un mètre cinquante. Peut-être deux mètres. Je me recule. Il s’éloigne seul. C’est un brown snake. C’est le deuxième plus venimeux d’Australie. « 

Comment éviter une mauvaise rencontre ?

Si vous croisez un serpent, restez calme, ne vous approchez pas et reculez lentement : la plupart cherchent à fuir dès qu’ils sont dérangés. Ne tentez jamais de l’attraper ni de le tuer — c’est la première cause de morsure, et beaucoup d’espèces australiennes sont protégées.

Méfiez-vous même d’un petit serpent. Ce n’est pas sa taille qui fait le danger : les jeunes possèdent la même dose de venin dès la naissance. Un bébé est aussi dangereux qu’un adulte, davantage même, car il n’a pas l’expérience d’un vieux capable de mordre sans libérer la dose létale, juste pour vous faire fuir. Les plus jeunes, eux, ne mordent jamais à blanc.

En prévention : une lampe torche pour marcher la nuit, du bruit et des pas appuyés dans le bush, un pantalon épais et des chaussures montantes, et de la prudence là où vous posez les mains — herbes hautes, tas de feuilles, abords des points d’eau, remises.

Que faire en cas de morsure ? Le protocole officiel australien

Toute morsure de serpent est une urgence médicale, même si la personne semble aller bien. Le protocole officiel australien s’appelle la pression-immobilisation.

Les gestes à faire :

  • Éloigner la personne du serpent.
  • Appeler immédiatement le 000 et demander une ambulance (le 112 fonctionne aussi depuis un mobile).
  • Garder la personne parfaitement immobile et l’aider à rester calme : chaque mouvement accélère la diffusion du venin.
  • Poser un premier bandage (bande de 10 à 15 cm) directement sur la morsure.
  • Poser un second bandage sur tout le membre, en partant juste au-dessus des doigts ou des orteils et en remontant le plus haut possible. Il doit être serré : vous ne devez pas pouvoir glisser facilement un doigt entre la bande et la peau.
  • Immobiliser le membre avec une attelle.
  • Noter l’heure de la morsure et l’heure de pose du bandage. Si possible, marquer l’emplacement de la morsure sur le bandage au stylo, ou photographier la plaie.
  • Rester avec la personne jusqu’à l’arrivée des secours, et pratiquer un massage cardiaque si elle ne répond plus ou ne respire pas normalement.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire :

  • Laver la plaie — le venin resté sur la peau et les vêtements permet justement d’identifier le serpent à l’hôpital.
  • Poser un garrot.
  • Inciser la plaie ou tenter d’aspirer le venin.
  • Essayer d’attraper, de tuer ou d’approcher le serpent pour le photographier : inutile, et c’est ainsi qu’on se fait mordre une seconde fois.

Bonne nouvelle pour finir : un antivenin existe pour toutes les espèces de serpents australiens, et seule une personne mordue sur vingt en reçoit effectivement un. Source : healthdirect.gov.au (gouvernement australien) et St John Ambulance Australia. En cas de doute, le Centre antipoison australien répond au 13 11 26.

Bien évidemment, que cet article ne vous empêche pas d’aller découvrir l’Australie !

Questions fréquentes sur les serpents d’Australie

Quel est le serpent le plus venimeux d’Australie ?

Le taïpan, considéré comme le serpent le plus venimeux au monde. Il peut mesurer jusqu’à deux mètres, mais vit dans les zones très reculées de l’Outback : il est rare de le croiser.

Quel serpent cause le plus de morsures ?

L’Eastern Brown Snake. Environ une hospitalisation pour morsure sur trois en Australie lui est attribuée.

Combien de personnes meurent de morsures de serpent en Australie ?

Entre 1 et 4 personnes par an dans tout le pays. Un antivenin existe pour toutes les espèces australiennes.

Faut-il photographier le serpent pour identifier le bon antivenin ?

Non. Les consignes officielles déconseillent d’approcher l’animal. L’identification se fait à l’hôpital, notamment grâce au venin resté sur la peau et les vêtements : c’est pour cela qu’il ne faut pas laver la plaie.

Un jeune serpent est-il moins dangereux ?

Non. Dès la naissance, il possède la même dose de venin qu’un adulte, et il ne sait pas mordre à blanc.

À lire aussi : Comment survivre à une morsure de serpent

Carte d'embarquement

Ce voyage vous a plu ? Embarquez pour le prochain.

Nouveaux podcasts, récits de voyageurs et rendez-vous de la radio : la newsletter d'Allô la Planète, sans escale et sans spam.


Avis des lecteurs

Envoyez-nous une carte postale

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les cartes sont lues par l'équipe avant publication. Les champs marqués * sont obligatoires.