Bernard Thévenet, la folie du Tour de France 1975
Léo de Garrigues
À l’été 1975, Bernard Thévenet, cycliste professionnel de renom, entreprend un voyage de 4 000 km en 22 jours, de Charleroi jusqu’aux Champs‑Élysées. Mais ce périple est d’une portée bien supérieure. Il incarne un moment historique du cyclisme. Car durant ce Tour de France, Thévenet devient celui qui a mis fin à l’ère du « Cannibale », Eddy Merckx.
Le 13 juillet 1975, lors de la 15ᵉ étape entre Nice et Pra‑Loup, l’impensable se produit : Thévenet réussit une attaque spectaculaire à 4 km de l’arrivée. Il profite d’une rare défaillance de Merckx dans la chaleur écrasante des Alpes. Et remporte l’étape et s’empare du maillot jaune. Il ne le lâchera plus jusqu’à Paris.
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En raison du coup de poing reçu par Merckx au Puy‑de‑Dôme, deux jours plus tôt, et d’une préparation éprouvante, le champion belge lâche prise. Pour la première fois, un nouveau champion français triomphe : Thévenet boucle le Tour avec près de 2 min 47 s d’avance. Ainsi, il pousse Merckx à une deuxième place historique.
Cette victoire marque un tournant. Il prouve que Merckx peut être battu, et signe la première arrivée sur les Champs‑Élysées. Il décroche instaure de nouveaux maillots : à pois pour le meilleur grimpeur et blanc pour le meilleur jeune. Thévenet, héros de la nation, reste dans la légende du cyclisme français.
Bernard Thévenet remporte encore le Tour 1977, malgré un hiver difficile. Après sa retraite, il devient directeur sportif, consultant TV, et dirige le Critérium du Dauphiné. Il incarne le cycliste humble, travailleur et courageux, qui a éveillé l’espoir d’un nouvel âge d’or pour le vélo français.

Bernard Thévenet, la folie du Tour de France 1975
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