Bourlinguez #10 – Steven x l’Himalaya à vélo

Marc-Antoine Malaspina 24 juin 2019

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Himalaya à vélo : Steven Le Yaric entre cols et villages

Porter un vélo de 13 à 14 kilos, puis descendre après des heures de marche : c’est le quotidien de Steven Le Yaric dans l’Himalaya à vélo. Dans ce 10e épisode de Bourlinguez, il raconte 51 jours au Népal, entre cols enneigés, villages isolés et fatigue extrême.

Après 120 jours passés au Népal en 2016, Steven Le Yaric veut relier Kangchenjunga, à l’est, à la frontière indienne à l’ouest. Son projet mêle mountain bike et alpinisme. Il suit une trace proche du Great Himalaya Trail avec un guide, Ngawang Dawa, et un caméraman. Le trajet annoncé atteint environ 2 000 kilomètres et 90 000 mètres de dénivelé positif.

Himalaya à vélo, avec le vélo souvent sur le dos

Steven avait d’abord imaginé rouler davantage. Pourtant, la neige, la pluie et l’altitude transforment vite l’expédition. Il estime avoir porté son vélo sur 60 à 70 % de la trace. Avec son sac, la charge approche alors les 30 kilos.

Les journées peuvent durer de 15 à 20 heures. Ainsi, les montées imposent de hisser le vélo, tandis que les descentes demandent encore de l’énergie. À plus de 5 000 mètres, il faut aussi composer avec le froid, le manque d’oxygène et l’épuisement. Steven décrit des douleurs au dos et aux genoux, mais continue à avancer.

Une tempête près de Kangchenjunga marque particulièrement le début de la traversée. Après 17 heures de marche, l’équipe doit rebrousser chemin. Le lendemain, elle repart à 1 h 30 du matin. Cette fois, elle atteint la zone prévue, réalise ses images puis reprend la route.

Du gel matinal aux 45 degrés de la jungle

Le relief népalais impose des écarts thermiques brutaux. Lors d’une journée, l’équipe part de Djiri sous des températures négatives. Après un col situé à plus de 5 000 mètres, elle descend pendant six ou sept heures. En bas, le thermomètre affiche 45 degrés.

Ces passages rapides du froid à la chaleur pèsent sur les organismes. De plus, Steven tombe malade à plusieurs reprises, notamment après des intoxications alimentaires. Il prévoit une journée complète de repos tous les sept jours. Cependant, ces pauses ne l’aident pas toujours : il dit se sentir moins en forme au moment de repartir.

À dix jours de l’arrivée, il souffre d’une forte fièvre. Pourtant, le calendrier et le budget réduisent sa marge de manœuvre. Son billet retour n’est pas flexible, et l’expédition coûte cher. Il termine donc le parcours exténué, après 51 jours au lieu des 60 envisagés.

Dans les villages, le passage insolite d’un vélo

Dans certaines zones reculées, les habitants ont rarement vu d’Occidentaux et encore moins de vélo. Les enfants courent derrière le groupe en criant « cycle ». Steven se souvient aussi de nuits très différentes : dans un lit, sur des planches, à même le sol, sous tente ou dans une pièce partagée avec une famille.

Chaque soir, l’équipe ajuste son objectif selon son état de fatigue. Ngawang Dawa aborde souvent les habitants pour demander un lieu où dormir et connaître le prix du repas. Parfois, l’accueil est simple et direct. Parfois, les voyageurs sentent que leurs vélos laissent imaginer des moyens financiers importants.

Le football sert aussi de langage commun. Steven remarque les références au FC Barcelone, au PSG ou à Manchester United, jusque dans les lieux isolés. Il découvre des taxis ornés de noms de clubs, parfois accompagnés d’une image de Bouddha. Ces images bousculent ses propres repères sur le pays et sur les références partagées.

Des moines découvrent le vélo

Dans la région du Manaslu, Steven et ses compagnons aperçoivent un monastère reconstruit sur une colline. Après avoir traversé un champ sans comprendre qu’il était cultivé, ils sont invités à monter. Là, ils partagent un snack avec les moines et racontent leur traversée.

Deux jeunes moines venus du Bhoutan n’ont jamais fait de vélo. Steven leur prête alors le sien, malgré les réserves de son guide. Les deux hommes essaient de descendre une petite pente avec leurs robes. Pour lui, ce moment résume ce qu’il cherche dans l’Himalaya à vélo : transmettre sa pratique autant que découvrir un territoire.

Il documente d’ailleurs le voyage en envoyant régulièrement des images à France Télévisions. Il a aussi écrit 200 pages sur son projet et envisage un livre. Plus tard, il évoque d’autres traversées, dont le sud du Népal et un projet consacré à plusieurs déserts.

D’autres voyageurs sur les routes à vélo

Écoutez l’épisode pour suivre Steven Le Yaric, jour après jour, sur les sentiers népalais.

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