Pauline x Continental Divide Trail
Marc-Antoine Malaspina 9 juin 2026
Cinq mille kilomètres à pied, de la frontière mexicaine à la frontière canadienne, en suivant la ligne de partage des eaux. Pauline Quierzy a marché plus de six mois sur le Continental Divide Trail avec son compagnon. Elle en a tiré un livre, et cet épisode où il est question d’harmonie, d’humilité et (c’est plus rare) d’hydrographie.
Le Continental Divide Trail, le sentier dont personne ne parle
L’Appalachian Trail a ses foules. Le Pacific Crest Trail a son film. Le Continental Divide Trail, lui, reste dans l’ombre. Il traverse pourtant les États-Unis du sud au nord sur cinq mille kilomètres, à travers les Rocheuses, et passe pour le plus sauvage des trois.
Sa particularité tient à son tracé. Il épouse la ligne de partage des eaux : d’un côté de la crête, la pluie finit dans le Pacifique ; de l’autre, dans l’Atlantique. On marche sur une frontière invisible que rien ne signale au sol. D’où l’hydrographie dont parle Pauline, un mot qu’on n’attend pas dans un récit de randonnée et qui dit pourtant l’essentiel de ce chemin.
Ce que six mois de marche font à quelqu’un
Le départ se fait par le désert, là où l’eau manque. On porte des litres sur le dos, on compte les sources, on dépend de la bonne volonté de ceux qu’on appelle les trail angels (des habitants qui déposent des bidons le long du parcours, pour des inconnus qu’ils ne verront jamais).
Puis les paysages changent, et le corps avec. Forêts, canyons, champs de lave, marais. Et la neige, en quantité inattendue : 2019 a été une année d’enneigement record dans les Rocheuses, au point d’obliger Pauline et son compagnon à revoir leur itinéraire en cours de route. C’est ce qu’elle appelle l’humilité : un sentier ne se plie pas à un plan.
Il y a aussi la faune. Sur un parcours pareil, on ne choisit pas seul l’endroit où l’on dort.
Sur le Continental Divide Trail, marcher comme on prend parti
Ce qui frappe, dans ce que raconte Pauline, c’est que la marche n’y est jamais un exploit. Elle parle d’écoute, d’attention, de ce qu’on finit par voir quand on ralentit assez longtemps. Six mois, ce n’est pas une performance : c’est le temps qu’il faut pour que quelque chose se déplace à l’intérieur.
Le récit de cette traversée a été publié aux Éditions Transboréal.
Quarante et une minutes d’entretien. Si vous vous êtes déjà demandé ce que vont chercher ceux qui partent si longtemps à pied, c’est un bon endroit pour commencer. Vous trouverez les autres récits sur la page de l’émission Bourlinguez, et l’ensemble de nos podcasts de voyage.
Allo La Planète 