Fabien – Une transatlantique, du vélo, de l’Antarctique, sans aucun plan

5 février 2025

antarctique en bateau-stop : Fabien, de la voile au vélo

Un pingouin passe près des humains sans leur prêter attention, tandis qu’un léopard de mer continue sa sieste. Dans ce 14e épisode de la série « Interviews », Béranger Natanelic reçoit Fabien pour raconter son antarctique en bateau-stop, après neuf mois sur son voilier puis plusieurs milliers de kilomètres à vélo. Retrouvez cet échange dans Papa, Maman, tout va bien !

Fabien part d’abord de Lyon avec La Baboune, un Bilou 77 de sept mètres. Son idée initiale reste modeste : descendre le Rhône, rejoindre la Corse avec deux amis et y faire de l’apnée. Pourtant, une escale en appelle une autre. Après les Canaries et le Cap-Vert, il poursuit vers le Sénégal, puis traverse l’Atlantique jusqu’en Guyane.

Dans cet entretien, il décrit aussi bien les contraintes de la navigation que son besoin de changer de rythme. En effet, après neuf mois de mer, il laisse son voilier dans un jardin en Guyane, soigneusement préparé pour une longue pause. Il achète alors un vélo robuste et prend la route vers Ushuaïa.

antarctique en bateau-stop : une opportunité à Ushuaïa

Ushuaïa n’était pas un point final programmé, pas plus que le continent blanc. Fabien souhaitait surtout naviguer à nouveau et remonter ensuite la côte chilienne. Cependant, il repère les navires présents grâce à leur AIS, un système d’identification qui donne au moins le nom des bateaux.

Il recherche ensuite leurs contacts et présente son expérience. Cette méthode lui permet de rejoindre un voilier australien en tant que troisième équipier. Le poste n’a rien d’une place de passager : il faut assurer les quarts, participer à la navigation, à la maintenance, au ravitaillement et aux repas.

Le bateau embarque aussi des clients anglophones venus photographier la faune. Fabien insiste donc sur l’expérience nécessaire dans ce type d’équipage. Les passagers ont payé des sommes importantes, et la marge d’apprentissage reste limitée. Plus tard, l’équipage lui propose un contrat rémunéré pour une nouvelle expédition.

À bord, l’honnêteté avant tout

Avant cette traversée, Fabien avait déjà accumulé des expériences comme bateau-stoppeur. Puis il devient capitaine de La Baboune et accueille à son tour des équipiers. La vie collective lui apprend rapidement qu’il est difficile de cacher ses limites sur un voilier.

Les espaces sont réduits, les manœuvres demandent de la coordination et les incidents du quotidien créent une proximité immédiate. Ainsi, Fabien conseille de rester honnête sur ses compétences et modeste dans son arrivée à bord. Pour choisir ses équipiers, il met en place une navigation d’essai de quelques jours.

À la fin, chacun peut décider de poursuivre ou non. Cette solution lui a notamment permis de stopper une collaboration devenue conflictuelle. Selon lui, préserver la sécurité et l’ambiance du bord doit passer avant la difficulté de dire non.

Du Brésil à la Terre de Feu avec quatre bidons bleus

En Guyane, Fabien achète un vélo urbain solide pour 500 euros. Il fabrique ses sacoches avec des bidons de vingt litres d’huile de coco, coupés puis fixés aux porte-bagages. Chaque sacoche lui revient à cinq euros. Son vélo chargé, avec tente, guitare, eau et nourriture, pèse environ 45 kilos.

Son itinéraire commence au Brésil, après des trajets en bus et en bateau-hamac sur l’Amazone. Dans le parc naturel du Jalapão, il roule parfois de nuit à cause de la chaleur. Les pistes sablonneuses ralentissent aussi sa progression, qui tourne alors autour de 40 kilomètres par jour.

La solitude pèse au début, notamment dans les stations-service où il dort parfois. Ensuite, une pause en volontariat dans la Chapada Diamantina lui permet de retrouver un rythme social et de travailler son portugais. Il alterne alors une semaine de vélo et quelques jours d’arrêt. Pour prolonger la réflexion sur ce mode de déplacement, écoutez aussi quatre voyageurs lors d’une traversée de l’Iran à vélo.

Face aux glaces, des animaux sans crainte

Après environ cinq jours de navigation depuis Ushuaïa, le voilier atteint la péninsule Antarctique. Fabien garde en mémoire son premier iceberg. Il évoque des falaises de glace hautes de plusieurs dizaines de mètres, des glaciers qui descendent vers la mer et des montagnes recouvertes de neige.

L’antarctique en bateau-stop lui offre surtout une proximité rare avec les animaux. Les pingouins ne semblent pas s’inquiéter du passage des humains. De même, les léopards de mer restent parfois immobiles près des dinghies. Les baleines, elles, se concentrent sur le krill et peuvent être nombreuses dans certaines baies.

Fabien raconte aussi la technique des baleines pour rassembler leur nourriture avec un cercle de bulles. Toutefois, son enthousiasme ne gomme pas ses réserves sur le tourisme polaire. Il observe les quotas, les débarquements limités et les procédures de désinfection, tout en gardant une distance critique avec la consommation d’images animales.

D’autres voyageurs y sont allés

Écoutez l’épisode pour suivre les choix successifs de Fabien, de La Baboune aux glaces de la péninsule Antarctique.

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