Le Pays d’Arlon et l’ambiance luxembourgeoise
Alexandre 29 juin 2026
Voyage en pays d’Arlon : entre frontières, langues et identité belge
Des forêts de la Gaume aux vallées frontalières du Luxembourg, ce nouvel épisode de Le pas pays propose un carnet de route sensible à travers le pays d’Arlon. Le récit mêle fatigue du marcheur, rencontres locales et réflexions sur la langue et l’identité, au fil d’un voyage où la frontière n’est jamais loin.
Derniers pas en Gaume et arrivée à Arlon
Le voyage commence dans la fraîcheur d’une nuit à Saint-Léger, sous un abri de fortune réchauffé par un feu. L’usure du matériel et la fatigue du corps marquent la fin de l’été et du périple. Après une nuit glaciale le long de l’eau rouge, le narrateur quitte la Gaume pour rejoindre le pays d’Arlon, traînant derrière lui un paquetage abîmé et des vêtements usés.
À Arlon, la rencontre avec Guy, boulanger-pâtissier depuis quarante ans, éclaire la réalité d’une ville marquée par l’exode rural et la proximité du Luxembourg. Guy évoque la politique luxembourgeoise, qui attire les travailleurs et cherche à les retenir, ainsi que la question de la langue. Selon lui, le luxembourgeois se perd, remplacé par le français dans les échanges quotidiens. Il regrette aussi l’abandon de l’enseignement du néerlandais à l’école primaire, soulignant l’importance de la langue pour la compréhension entre communautés.
Frontières et identité : le quotidien à Martelange
Le voyage se poursuit à Martelange, ancienne capitale de l’ardoiserie, aujourd’hui connue pour ses stations-service à la frontière. Didier, employé au Mouton Noir, décrit un lieu où la frontière traverse littéralement l’établissement. Il insiste sur la diversité linguistique de la Belgique, où trois langues coexistent, et sur l’absence de tensions dans les échanges quotidiens avec les néerlandophones.
Didier se définit avant tout comme belge, refusant de choisir entre Wallon, Flamand ou Germanophone. Il observe que, malgré les différences et les difficultés politiques, la Belgique reste un pays où la pluralité linguistique fait partie de l’originalité nationale.
Ambiances de fin d’été et solitude du marcheur
Au fil du voyage, la météo se dégrade et la fatigue s’installe. Après Martelange, le chemin longe la Sûre, frontière naturelle avec le Luxembourg, offrant des paysages calmes et escarpés. Le contraste est fort entre la tranquillité des forêts et l’agitation des stations-service frontalières, où les voyageurs s’arrêtent pour faire le plein ou acheter des produits détaxés.
La traversée de la Sûre sur un ponton glissant mène à Romeldange, où le narrateur trouve refuge dans une grange abandonnée, puis à Beur, près d’Oufalize. Là, il ressent la méfiance croissante des habitants, qui ferment leur porte, influencés par la peur et les médias. Les rencontres se raréfient, l’ambiance estivale s’efface, et la solitude du marcheur se fait plus pesante à l’approche de la rentrée.
Pour découvrir d’autres récits de voyage et d’exploration des territoires, retrouvez la page de l’émission Le pas pays ainsi que l’ensemble des podcasts sur Allô la Planète.
Allo La Planète 