Brésil – Thelma et Margot

30 octobre 2024

Vivre au Brésil : sécurité, carnaval et habitudes locales

Vivre au Brésil demande d’abord de revoir ses réflexes, du téléphone rangé dans la rue aux distances qui séparent les villes. Dans ce 26e épisode de la série « Pays », Thelma et Margot racontent leurs repères à Béranger Natanelic, dans Papa, Maman, tout va bien ! Elles parlent aussi de carnaval, de cuisine et de relations.

Thelma vit à São Paulo depuis onze mois. Margot a passé dix ans de sa jeunesse au Brésil, puis s’y est réinstallée depuis trois ans. Toutes deux insistent sur un point : le pays ne se résume pas à une image unique. Ses régions, ses accents et ses habitudes changent fortement d’un endroit à l’autre.

Le format ne cherche donc pas à résumer un territoire immense. Il rassemble plutôt des situations concrètes, observées par deux habitantes. São Paulo sert de point de départ, mais Rio de Janeiro, Salvador, Bahia et l’Amazonie apparaissent aussi dans leurs récits.

Vivre au Brésil : apprendre les codes de la rue

À son arrivée, Thelma découvre surtout la taille de São Paulo. Elle décrit une mégalopole de 21 millions d’habitants, où les distances changent immédiatement la manière de se déplacer. Pourtant, elle ne retrouve pas seulement les grands immeubles qu’elle imaginait. Son quartier offre aussi des constructions basses et des coins de verdure.

La sécurité reste, cependant, un sujet quotidien dans les grandes villes. Margot cite Rio, São Paulo et Salvador, où il faut identifier les quartiers, les rues et les comportements adaptés. Sortir son téléphone en pleine rue n’est pas un geste anodin. Avec le temps, ces précautions deviennent des réflexes, parfois si forts qu’ils surprennent lors d’un retour en France.

Thelma distingue toutefois le danger réel des inquiétudes projetées sur les étrangères et étrangers. Elle évoque les vols de téléphone et les braquages, qui peuvent être armés. En revanche, elle rappelle qu’une attitude trop inquiète peut aussi signaler une méconnaissance des codes. Le centre de São Paulo, notamment, n’est pas forcément l’endroit recherché pour vivre ou se promener sans préparation.

Les favelas, souvent appelées comunidades sur place, demandent elles aussi de sortir des représentations simplistes. Certaines ne se visitent pas sans connaître le quartier. D’autres sont des lieux de vie où l’on peut aller boire un verre. Pour prolonger ce regard sur Rio, l’épisode consacré à Saul et ses tournois dans les favelas de Rio apporte un autre témoignage.

La chaleur des échanges, avec ses nuances

Les deux invitées décrivent des interactions plus démonstratives qu’en France. Thelma a été frappée par l’attention reçue dans des gestes simples, chez le médecin comme dans la famille d’amies. Margot évoque aussi les mots affectueux employés dans les commerces. Cette douceur ne garantit pas pour autant une amitié durable ou un lien désintéressé.

Vivre au Brésil conduit donc à observer les relations avec attention, particulièrement quand on est identifiée comme gringa. Margot explique qu’elle apprend désormais à faire la différence entre une marque de sympathie spontanée et un intérêt lié à l’image d’une étrangère supposée aisée. Malgré cela, les deux voyageuses retiennent une société où les câlins, les salutations et les élans d’attention sont plus fréquents.

Elles abordent également les relations amoureuses. En soirée, s’embrasser peut être un geste peu engageant. Le terme ficar désigne une relation qui peut rester ouverte et fluide, selon les accords des personnes concernées. À l’inverse, namorar, se mettre officiellement en couple, porte davantage de poids. Les invitées soulignent que ces catégories ne remplacent ni la communication ni le consentement.

Le carnaval dans la rue, pas seulement au sambodrome

Pour Thelma, arrivée en janvier, le pré-carnaval a constitué une entrée immédiate dans la ville. Elle raconte plusieurs semaines de fêtes, de musique et de déguisements avant la période officielle. À Rio, le carnaval dure environ une semaine et ralentit fortement l’activité du pays. Cependant, cette expérience ne se limite pas aux images télévisées des défilés.

Margot décrit les blocos, ces groupes musicaux que les participants suivent dans la rue. Chacun possède ses codes, son univers et son public. Certains sont tournés vers la fête et les rencontres. D’autres misent sur des costumes très travaillés ou des sensibilités politiques. La musique est jouée en direct, tandis que la foule chante et danse.

Les deux femmes rappellent, toutefois, que les carnavals changent selon les villes. Rio ne ressemble ni à Olinda, ni à Recife, ni à Salvador. São Paulo propose aussi ses propres fêtes, avec une place importante du pagode. Pour elles, mieux vaut choisir une ville et prendre le temps d’y observer ses habitudes plutôt que chercher un carnaval brésilien uniforme.

Riz, haricots, fruits et longs trajets

À table, Margot cite l’arroz e feijão comme base très présente : riz, haricots et protéines, souvent accompagnés de farofa. Cette farine, fréquemment préparée à partir de manioc, peut dérouter au premier repas. Elle accompagne pourtant de nombreux plats. La feijoada, servie avec haricots noirs, riz, farofa et orange, figure parmi les spécialités évoquées.

Les recettes varient encore selon les régions. La moqueca associe poisson, lait de coco, tomate, poivrons et huile de dendê. Au sud, le churrasco tient une place importante. Thelma ajoute les jus de fruits frais, l’eau de coco, le café, le guaraná et la caïpirinha à cette liste gourmande. L’açaí, lui, se mange sucré dans de nombreuses villes, mais peut aussi être préparé autrement en Amazonie.

Enfin, les invitées conseillent de ne pas sous-estimer les distances. Rio et São Paulo sont séparées par environ six heures de bus, au minimum selon elles. Un séjour de deux mois oblige donc à choisir. Bahia, les chutes d’Iguaçu, le Pantanal, l’Amazonie ou Florianópolis ne peuvent pas tous se parcourir au même rythme. Vivre au Brésil, ou simplement y voyager, suppose de renoncer à tout voir.

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Écoutez l’épisode pour entendre Thelma et Margot nuancer, avec leurs mots, les images souvent associées au Brésil.

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