Transatlantique
17 avril 2024
bateau-stop transatlantique : 50 jours de La Rochelle aux Antilles
Une soupe laissée de côté, un seau bleu et la nuit qui tombe après l’île de Ré : le départ est brutal pour Béranger Natanelic. Dans ce 2e épisode de la série Tour du monde en stop, il raconte son bateau-stop transatlantique dans Papa, Maman, tout va bien !, de La Rochelle aux Antilles.
Entre le 25 janvier et la mi-mars 2024, Béranger embarque sur un catamaran Bali 4.6 destiné aux îles Vierges britanniques. Le convoyage réunit d’abord un capitaine expérimenté et plusieurs équipiers. Pierre-André, surnommé P.A., partage aussi une partie de la route. Au fil des escales, l’équipage change pourtant de composition. Le trajet passe par La Corogne, Cascais, les Canaries, le Cap-Vert, la Martinique, la Guadeloupe et les îles Vierges britanniques.
Les premiers jours du bateau-stop transatlantique
Le bateau quitte La Rochelle vers 14 heures. Protégé par les îles de Ré et d’Oléron, le catamaran semble d’abord très stable. Cependant, une fois les îles dépassées, la nuit transforme le carré en pièce mouvante. Béranger ressent vite une forte somnolence, puis les nausées.
La houle atteint trois mètres, avec une période d’environ quatorze secondes. Les conditions restent pourtant modérées pour l’équipage. Lui ne peut pas dîner et vomit peu après avoir tenté de manger une soupe. Le capitaine lui demande alors de se reposer au lieu d’assurer son premier quart de nuit.
Les quarts rythment la navigation : chacun surveille le bateau durant deux heures, puis laisse sa place. Il faut rester attentif aux changements de vent, aux problèmes électroniques ou aux objets à la dérive. Pour Béranger, cet apprentissage commence dans l’inconfort. Après une escale de trois jours à La Corogne, il repart toutefois avec une meilleure idée de ce qui l’attend.
Des haltes pour retrouver la terre ferme
À Cascais, près de Lisbonne, une courte escale permet de faire des courses. Béranger tient notamment à acheter des pastéis de nata. Ensuite, la route longe les côtes portugaises. Le mal de mer s’apaise, avant de revenir au passage du détroit de Gibraltar, où la houle et le vent créent des vagues croisées.
Aux Canaries, l’équipage reste une semaine à Las Palmas, sur Grande Canarie. Un problème de moteur prolonge la pause. Béranger y retrouve des bateau-stoppeurs croisés auparavant à La Rochelle. Avec P.A., il fait aussi une excursion en stop jusqu’à Maspalomas.
Le Cap-Vert offre ensuite une autre respiration. Sur l’île de Santo Antão, les randonnées remettent les jambes à l’épreuve après plusieurs semaines assis à bord. Les escales comptent autant que les milles parcourus : arriver sans images préconçues, entendre d’autres langues et découvrir des plats inconnus font partie de ce bateau-stop transatlantique. C’est aussi là que l’équipage se réorganise avant le grand départ vers les Caraïbes.
Dauphins, étoiles et longues heures d’attente
Entre les Canaries et le Cap-Vert, les dauphins accompagnent souvent le catamaran. Béranger les voit parfois par dizaines sous le bateau. Peu à peu, il s’amarine. Il peut enfin cuisiner, notamment des crêpes, et reprendre pleinement sa place dans la vie quotidienne du bord.
Un quart de nuit lui laisse un souvenir précis. Au-dessus de lui, les constellations se distinguent sans éclairage. Sous la coque, les dauphins agitent du plancton bioluminescent. Ainsi, les lumières semblent se répondre entre le ciel et l’eau.
La navigation du Cap-Vert aux Caraïbes représente environ 2 000 milles nautiques. À une moyenne de 5,5 nœuds, elle dure deux semaines. Le bateau croise alors très peu de navires. Les journées alternent entre préparation des repas, vaisselle, chaleur et longues heures sans activité. Béranger raconte aussi les questions que cet isolement fait surgir sur ses choix de voyage.
Une pénurie de gaz au milieu de l’Atlantique
À mi-chemin, l’équipage coupe les moteurs et replie les voiles faute de vent. Il se baigne alors avec 5 000 mètres de fond sous le bateau. Puis, au moment de préparer un repas de fête, la bouteille de gaz est vide. Dans ce bateau-stop transatlantique, il reste encore huit jours de navigation.
Les équipiers font l’inventaire des réserves et organisent les repas. Semoule gonflée à l’eau froide, conserves, salades, tortillas et pain de mie remplacent les plats chauds. Les deux premiers jours sont difficiles, notamment parce que les portions paraissent trop petites. Toutefois, le rationnement permet d’arriver jusqu’en Martinique sans manquer de nourriture.
Le 8 mars, jour de son anniversaire, Béranger partage une dorade coryphène pêchée par P.A. Le poisson est préparé avec du citron, accompagné d’un houmous et d’une mousse au chocolat. Plus tard, la mer turquoise, les couchers de soleil et l’approche des Antilles apaisent les tensions liées à la pénurie.
Finir le convoyage jusqu’aux îles Vierges britanniques
Un dessalinisateur doit finalement être récupéré en Martinique et livré aux îles Vierges britanniques. L’escale permet aussi de retrouver un repas chaud et une bouteille de gaz. Après la Guadeloupe, où P.A. et un autre équipier débarquent, Béranger poursuit avec le capitaine pendant une trentaine d’heures.
Les conditions deviennent alors plus agitées entre les îles. Pourtant, Béranger ne souffre plus du mal de mer. Il assure ses quarts, cuisine les aliments restés au congélateur et participe aux accostages. Cette dernière partie lui donne le sentiment d’avoir mené le bateau jusqu’à son point de livraison.
Aux îles Vierges britanniques, il observe les traces encore visibles du cyclone Irma. Il note aussi le coût élevé de la vie sur ces îles. Enfin, un avion pris en charge par l’entreprise de convoyage le ramène en Martinique. Son itinéraire initial sans avion connaît donc une exception, même si cette étape lui permet de revenir là où il souhaitait poursuivre son voyage.
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Écoutez cet épisode de bateau-stop transatlantique pour suivre les cinquante jours de navigation racontés par Béranger Natanelic.
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