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Green Sailing, transatlantique zéro déchet

Écrit par sur 26 octobre 2020

Aujourd’hui je vais à Marseille. Pour ceux qui connaissent j’ai rendez-vous à la Pointe Rouge. Depuis la mi-août j’attends avec impatience de rencontrer Constance et Clément qui préparent une transatlantique zéro déchet. Nous devons nous retrouver sur le chantier naval où leur bateau est à sec.

Le soleil tape, j’ai chaud. Je rentre dans le chantier naval. Je parcoure les allées où il y a tous ces bateaux suspendus dans les airs. Ils sont si hauts. Enfin, j’aperçois tout au fond du chantier le bateau de nos 2 aventuriers. Ils m’accueillent dans leur maison, dans les airs. Je grimpe à l’échelle, un peu déstabilisée, le vent rafraîchit l’air.

Le chantier naval sous le soleil brûlant


Une fois les consignes sanitaires appliquées, je m’installe avec un café devant moi. Ici pas de vaisselle jetable et je bois mon café dans une tasse en porcelaine. J’adore et je me sens tout de suite à l’aise alors on commence à discuter du projet Green Sailing. (J’espère que comme moi vous les aimez déjà nos deux aventuriers !)

Transatlantique, en couple, capitaine et matelot s’organisent

Pour l’instant ils sont en plein dans la préparation du bateau. Rapidement ils m’expliquent que Clément s’occupe de la technique et Constance de la communication de l’asso.

En arrière plan OCEANIS 40, le voilier de Green Sailing

L’oeuvre du confinement

En fait ce qui les préoccupe en ce moment c’est que le bateau soit prêt à temps. En effet avec le confinement ils ont eu pas mal d’imprévus à gérer.
Ils avaient mandaté un expert pour vérifier l’état du bateau, stationné à Bormes-les-Mimosas dans le sud de la France. La veille du confinement en Mars, il est venu faire l’état des lieux de l’intérieur. Mais il restait l’extérieur à examiner. Hors le bonhomme ne pouvait plus se déplacer pour s’acquitter de sa tâche. Alors que Constance et Clément vivaient toujours à Rennes, ils se sont retrouvés avec un bateau en cours d’achat, stationné à plus de 1000km de chez eux. Impossible le rapatrier comme prévu et tout autant de conclure leur achat. Alors ils ont dû attendre. Et enfin, le 12 mai l’expert est venu réaliser les contrôles de l’extérieur du bateau.

Une première traversée agitée

Mais ce n’est pas la fin de leurs péripéties. Le temps leur manque pour faire rapatrier le bateau à Saint Malo. De plus ça coûte beaucoup d’argent. Alors, ensemble ils décident le 10 juin d’embarquer pour 10h de navigation. Ils vont relier Bormes-les-Mimosas à Marseille. Mais le vent se renforce. Alors 2 choix s’offrent à eux. Ils peuvent quitter Bormes et rejoindre un port où on les retiendra 4 jours en attendant que le vent se calme ou bien tracer tout droit à Marseille. Ils choisissent la 2e solution. C’est ainsi qu’ils se retrouvent tous les 2 sur un voilier qu’ils ne connaissent pas au beau milieu d’une mer agitée avec 30 noeuds de vent.
Ereintés, ils arrivent enfin à la Pointe Rouge. Et maintenant il faut encore amarrer le bateau. La tâche est bien compliquée car il faut retourner le bateau. Avec le moteur à pleine puissance, ils peinent à réaliser cet exploit mais y parviennent quand même malgré la puissance du vent

Je vous raconte tout ça pour vous montrer à quel point la vie sur un bateau peut souder un couple. Chacun doit se mettre au diapason de l’autre.

Le cocon à l’intérieur du voilier

Entre formation et réparations

Depuis que le bateau a été hissé hors de l’eau à Marseille, Clément s’occupe des réparations. Constance de son côté met le paquet sur la communication de l’association. A terre chacun a donc son rôle et il en sera de même pendant la traversée. C’est Clément le skipper de l’équipe mais en mer Constance s’intégrera parfaitement dans leur binôme de matelot. Ils savent qu’ils vont devoir être parfaitement au diapason. Alors Constance a suivi un stage de survie en mer. A l’issue de cette formation elle s’est rendue compte que sur le bateau ça n’allait pas du tout côté extincteurs.
Quand nous nous sommes vus, ils m’ont dit que le plus grand danger sur un bateau c’est le feu !
Ensuite ils ont tous les 2 participé à une journée de formation médicale et de suture pour pouvoir commencer les 1ers soins en cas de blessure. Moi ça me fait penser à La Casa de Papel quand ils sont capables de faire des opérations chirurgicales !

Vous vous rendez compte que se lancer dans une telle aventure ça se prépare! Alors maintenant ils se concentrent surtout sur les aspects techniques de la traversée. A savoir le matériel et la préparation de l’équipage. Et ils savent qu’ils doivent être parfaitement entraînés à réagir face à une situation de crise. D’autant qu’ils ne sont pas des navigateurs professionnels. Alors pour palier à leurs lacunes, des procédures vont être conçues par leurs soins tout comme pour les marins de métier. Ils doivent être capables d’identifier rapidement un problème et d’y réagir instantanément par une action appropriée. En outre l’un comme l’autre vont s’entraîner à agir avec anticipation. En effet dans l’urgence on perd ses moyens alors il faut avoir de parfaits automatismes.

Chacun a sa place sur un voilier

Qui sont Constance et Clément ?

Clément a son diplôme de skipper depuis 3 ans et s’occupe des commandes de pièces, des réparations et vraiment la transatlantique c’est son rêve. Avant il travaillait en tant qu’ingénieur dans une grande société spécialisée dans les énergies renouvelables. Quand il parle de sa vie passée il évoque l’image du champagne à gogo car il gagnait bien sa vie et ne réfléchissait pas à ses dépenses. Mais peu à peu cette vie commença à avoir de moins en moins de sens. Maintenant quand il parle de ce Clément là il l’appelle le « Clemjo la conso » avec son Iphone et son train de vie ++. Sa transition écologique est donc enclenchée.. Et si lui y arrive, tout le monde le peut !

Constance travaillait dans le monde associatif. Depuis 8 ans environ, elle oriente peu à peu son mode de vie vers le zéro déchet et aiguille maintenant Clément dans ce sens. Je vous disais tout à l’heure qu’elle se charge de la partie communication. Une partie de son travail consiste à trouver des partenaires. En accord avec la transatlantique zéro déchet elle a conclu un partenariat avec Lamazuna et la Fabrik à Bulles. Et puis ils vont effectuer des relevés scientifiques pour RIEM association. Je vous en parle un peu plus tard. Et enfin VSB Energies Nouvelle est le sponsor de leur expédition.
Alors comme vous le voyez, ils ont trouvé des partenaires en accord avec les valeurs de leur projet de transatlantique zéro déchet !

Ensemble ils avancent dans le même sens. Ils veulent initier en douceur les gens qu’ils rencontrent à un mode de vie où ce qu’on souhaite est accessible et pas forcément couteux. L’idée c’est de profaniser le zéro déchet et de le rendre accessible à tous. Dès maintenant ils ont envie de passer un message de “compromis” comme ils l’appelle. En effet pour que ça fonctionne il faut un équilibre entre la volonté de générer le moins de déchets possible et la vie dans une société moderne. Donc il faut concilier ce mode de vie avec des emplois à plein temps, des enfants, une vie sociale. Du “low-déchet” en fait !

Retournons maintenant sur le bateau où ils ont dans l’idée d’établir un compromis entre le fait d’éviter d’agir « juste pour soi » et le choix des énergies renouvelables.

Le zéro déchet sur un voilier

Alors c’est tout naturellement que c’est devenu une évidence pour eux de créer une expérience de vie pour faire leur part.

Comme beaucoup de trentenaires ils sont confrontés au regard de leurs proches. Vous voyez à quoi je fais allusion ? Mais oui, vous savez bien, le travail, la maison, les enfants. Bien sûr ils y pensent. Pourtant ils veulent d’abord contribuer à construire un monde meilleur.

Donc ils commencent par montrer l’exemple en aménageant l’intérieur du bateau en mode zéro déchet.

Un stock de chez Lamazuna pour 1 an

Chaque chose à sa place pendant la traversée

Sur le bateau il faut que tout soit rangé de façon à ce que rien ne tombe. Alors il y a un peu partout de petits placards. Ces compartiments ont un système de fermeture spécifique. Ainsi rien ne s’ouvre sans intervention humaine. D’un point de vue plus général, il s’agit de maximiser la place et le rangement sur le bateau.

Je vous ai mis la photo ci-dessous et je me demande si vous avez remarqué l’intru. C’est ce petit paquet de riz Uncle Bens. Pour la petite histoire, Constance m’a raconté qu’elle cherchait du riz. D’habitude elle prend du vrac. Mais quand on est en voyage on ne trouve pas forcément ce qu’on cherche. Alors Constance a passé 1/2h dans le rayon riz à chercher du riz bio, dans une boîte en carton. Epuisée par ses recherches elle a fini par acheter ce paquet. Mais en fait il y avait des sachets de cuisson en plastique à l’intérieur. Je parie qu’un truc de ce genre vous est déjà arrivé… Si je vous raconte cette anecdote c’est pour vous montrer que des fois, même les plus convaincus font des incartades à leur démarche de transatlantique zéro déchet. Alors s’il vous plaît, soyez tolérants envers vous même.

Les rangements sur le bateau

Sur la mer pour sensibiliser au problème du plastique

Les origines du projet

Clément m’explique que le problème du plastique dans nos mers, nos océans, nos rivières l’a énormément choqué.

En Bretagne, là où le couple a l’habitude de naviguer, les espaces maritimes et les côtes sont très protégés. Alors difficile de se rendre compte de l’ampleur du problème.

Mais lors d’un voyage en Asie, ils ont découvert des lieux paradisiaques extrêmement pollués. Au Cambodge, connu pour ses plages magnifiques, le plastique s’échoue en masse. Si nous ne voyons pas l’envers du décor c’est grâce aux locaux. En effet, la population locale nettoie jours après jours pour garantir aux touristes le rêve qu’on leur vend. Auparavant Clément a travaillé 1 an en Guadeloupe où il a constaté que les Caraïbes aussi sont très impactés.

Alors une transatlantique zéro déchet en totale autonomie c’est le 1er pas pour se rendre compte de l’ampleur de la catastrophe. C’est maintenant qu’il faut agir. Si vous imaginez qu’ils vont se trouver face au 7e continent de plastique, détrompez-vous. En effet celui ci est bien réel mais pas comme on le voit sur ces photos qui montrent des bancs de déchets à la surface. Clément m’explique que le plastique est charrié par les courants marins sous la surface de l’eau. Pour le couple c’est un objectif de se rendre compte par eux-même de la situation.

Un voilier autosuffisant

Avant d’acheter ce bateau, un expert a mis en avant une partie des réparations à faire. Mais il y a eu des surprises. Par exemple les panneaux solaires.

En l’occurrence pour rendre le voilier autonome en énergie et en eau il faut effectivement des panneaux solaires en bon état de marche. Mais aussi une hydrogénérateur et un désalinisateur vont compléter cette installation photovoltaïque.

Du « fait maison » en bocaux pour se régaler et se sustenter pendant la traversée

Ensuite le couple met en place une stratégie globale d’autonomie alimentaire. Outre les nombreuses provisions réunies avant le départ, il s’agira d’installer un poulailler sur le bateau. Il veulent également créer un potager. Alors Constance prévoit de se renseigner auprès d’agriculteurs pour savoir quelle plante peut s’épanouir dans un milieu saturé en sel.

Enfin, en ayant choisi un voilier, l’association Green Sailing va parcourir les mers quasiment sans moteur.

Les actions prévues par Green Sailing

Ainsi au cours de leur traversée de l’Atlantique qui devrait durer minimum 1 mois, ils pourront devenir les témoins de la prolifération des déchets plastiques dans l’immensité de l’océan. C’est certainement ce qui leur donnera une plus grande légitimité pour parler de cette catastrophe planétaire.

Comme je vous le disais tout à l’heure en parlant des partenaires ils vont effectuer des relevés scientifiques en mer pour RIEM. Il s’agit là de relevés métriques de plancton avec des disques Secchi. Ils vont aussi effectuer des observations de macro-objets flottants et de mammifères marins.

L’idée est de rejoindre la Martinique… Dès leur arrivée en Guadeloupe ils ont prévu d’organiser de multiples ateliers de sensibilisation sur le bateau en se déplaçant de port en port et d’île en île. Pour rendre la chose possible, ils vont travailler en collaboration avec les écoles et les associations locales Par exemple ils ont une super recette anti gaspi de cake aux peaux de banane. Pensez à la leur demander d’ailleurs !

En alternant les ateliers avec les enfants et les messages de sensibilisation ils vont pouvoir éveiller les consciences de chacun. Par exemple en dehors de la Guadeloupe et la Martinique il n’y a pas de centre de tri pour les déchets des croisières qui passent par les Caraïbes. Alors les gens jettent leurs déchets depuis le pont du bateau. En effet déchets s’accumulent vite sur un bateau! D’où l’intérêt de voyager en mode « low déchet » . Alors on comprend leur volonté de créer une charte de croisière écoresponsable.

« Agir maintenant et à notre échelle »

Une phrase résume à merveille leur parcours : « Agir maintenant et à notre échelle ». La puissance de cette phrase réside dans sa capacité à ouvrir le champs des possibles. Très simplement on peut passer à l’action. Ainsi c’est l’addition de petits gestes qui va créer une démarche plus globale chez un individu. Dès lors cet individu sera prêt à montrer l’exemple à son tour et cette relation de cause à effet aura pour conséquence de faire avancer les choses. Clément inciste d’ailleurs sur le fait que « Le mode low déchet permettrait d’accepter des compromis, ce qui rendrait l’objectif plus acceptable pour Mr tout le monde »

Ainsi le message de Green Sailing sera relayé outre atlantique grâce à cette transatlantique zéro déchet.

A ce stade je vous présente officiellement Constance et Clément !

Et maintenant vous pouvez retrouver nos aventuriers sur leur page Facebook Green Sailing et sur leur compte Instagram

Je vous encore également à écouter leur interview dans l’épisode 3 d’Au-Delà des Murs saison 2 pour en savoir plus sur ce beau projet de transatlantique zéro déchet.


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