Vos plus (trop) longs trajets
13 janvier 2026
Vos plus (trop) longs trajets
Dans cet épisode d’Au-delà des murs, animé par Flo’ et Steph sur la webradio des voyageurs, Aurélie ouvre le micro à trois récits où un simple trajet devient une aventure totale ! Routes bloquées, bus trop pleins, pistes défoncées, turbulences, solidarité spontanée. Des histoires qui, sur le moment, semblent interminables… et qui, avec le recul, deviennent des souvenirs fondateurs.
Romain : Bolivie 2003, la route dans l’Histoire
Romain Dutter, auteur de BD et passionné d’Amérique latine, nous embarque en Bolivie, en septembre 2003, au tout début de la Guerre du gaz. Son objectif est simple : rejoindre le Pérou. Mais La Paz est paralysée, les routes sont bloquées, et chaque barrage devient plus menaçant. Le trajet “normal” se transforme en une longue avancée au milieu des pierres, de la peur et de l’incertitude. Jusqu’au moment où la tension explose : un virage, des frondes, des jets de pierres… et l’intervention d’un bataillon militaire. Romain raconte l’étrangeté d’être “touriste” dans un pays en crise, et cette sensation d’avoir frôlé un engrenage plus grand que soi. Un récit où l’itinéraire devient un miroir politique.

Mathilde : Madagascar, 450 km, et la patience en héritage
Mathilde nous emmène à Madagascar, avec une promesse trompeuse : 450 km, “ça se fait”. Sauf qu’ici la route est parfois une piste, parfois un champ de trous, parfois un relief. Le trajet dure 14 heures, la nuit tombe tôt, l’angoisse monte quand le chauffeur roule vite sans éclairage, et l’imprévu frappe… Le véhicule finit dans un fossé. On improvise, on s’entraide, on attend un taxi collectif providentiel. Mais au-delà du stress, Mathilde transmet autre chose : la réalité quotidienne des Malgaches, l’humilité que le voyage impose. Et ce paradoxe : tomber amoureux d’un pays malgré (ou grâce à) ses contraintes.

Musique : ACDC – Highway to Hell
Cédric : Altiplano bolivien, bus de nuit et solidarité sans mode d’emploi
Cédric (chef du restaurant L’Altiplano à Aubenas) nous parle d’un aller simple en Amérique du Sud, de ces départs à 20 ans où l’on apprend en direct. Direction l’Altiplano bolivien, son vélo “Rossinante” et une décision qui paraît brillante : choisir la place “Rincon”, moins chère. Sauf que “Rincon”, c’est le fond du bus… sans sièges, sur des ballots de laine, compressé, avec une tige dangereusement proche du visage. Et comme le chauffeur s’arrête sans cesse pour charger des passagers, la poussière s’invite à chaque freinage. Puis, plus tard, une autre anecdote : Cédric oublie son sac, et une chaîne d’entraide locale se met en place. Un rappel simple : ce qu’on retient, ce sont les gens.

Allo La Planète