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Comment créer une marque d’objets et traverser le Canada en van ? Rencontre avec Fotofibre

Clem et Mumu 19 March 2019


Tu es photographe, graphiste, styliste, bref créateur ou créatrice ? Tu rêves de créer ta marque ? Cet article est définitivement pour toi.

Vanessa et Sam de Fotofibre racontent la création de leur marque qui connaît un beau succès. Ils partagent avec nous des conseils pour démarrer son projet à travers le développement de leur entreprise.

C’est d’autant plus intéressant que leur marque est née lors d’un projet de fin d’études de Vanessa. Mais nous y reviendrons !

Et comme ce sont deux passionnés, ils se sont lancé comme défi de parcourir le Canada à deux vans et de piloter à distance Fotofibre.

Les créateurs nomades

Bienvenue dans la série d’articles et de podcasts sur les créateurs nomades. L’objectif est de partager avec toi l’histoire de créateurs qui exercent leur métier sur les routes, qu’ils soient photographes, illustrateurs, développeurs, musiciens, graphistes, vidéastes ou troubadours !

Découvre ici leur interview sur notre podcast : les créateurs nomades . Abonne-toi sur iTunes , SpotifyDeezer ou Google podcast !

Voici le programme :

  • Qui se cache derrière Fotofibre ?
  • Une marque qui mêle création et voyage
  • Le déclic pour créer la marque
  • Leur processus de création et de production
  • Les conseils de Fotofibre pour se lancer
  • À retenir pour faire décoller son projet et en vivre
  • Pour aller plus loin

Qui se cache derrière Fotofibre ?

Vanessa Isabelle-Roy a 29 ans et vit à Montréal depuis une dizaine d’années. Elle vient de la Rive-Sud.

Avant elle était étudiante en textile pendant 6 ans : design de mode et ensuite en impression textile.

Le projet Fotofibre est né à la fin de ses études et va fêter ses 5 ans d’existence.

Sam a 27 ans et il vit à Montréal depuis 4 ans. Il vient de Trois-Rivières et a fait des études en photographie. Il travaille à temps plein sur le projet Fotofibre depuis janvier.

Quand il a commencé à travailler pour Fotofibre, Sam était encore étudiant et avait un autre travail à temps partiel. Il ne lui restait pas beaucoup de temps pour s’impliquer dans le projet. Mais depuis janvier et la fin de ses études, il est devenu multitâche : gestion des réseaux sociaux, développement de nouveaux produits, l’image de Fotofibre.

Une marque qui mêle création et voyage

Vanessa a fondé Fotofibre. C’est une entreprise qui mélange textile, photographies et voyage ! L’idée est de créer des objets-souvenirs, grâce à des photographies imprimées sur tissu.

Par exemple, les coussins proposés par la marque ont beaucoup de succès.

Mais depuis quelques années, Fotofibre se diversifie avec d’autres produits comme des pochettes, des paniers, de la papeterie, des vêtements.

Ils s’adressent à une clientèle nostalgique des voyages, mais aussi aux personnes habitant dans la destination. Ils cherchent à développer des produits qui seront utilisés dans le quotidien des gens, pas seulement décoratifs.

Fotofibre propose de nombreuses collections d’objets-souvenirs réalisées avec l’aide de différents photographes.

Le déclic pour créer la marque

Le projet est né dans le cadre d’un projet de fin d’études avec une amie de Vanessa. Tout a commencé quand elles ont testé l’impression de photos sur tissu.

La première collection de Fotofibre était sur le thème des icônes de Montréal.

Lors de la présentation orale du projet, elles avaient eu un très bon feedback. À la fin, un professeur est allé voir son amie pour l’encourager à continuer dans ce projet.

Si tu fais rien avec ça, t’es vraiment idiote !

Tout de suite, avec ces réactions, Vanessa s’est dit que le projet avait du potentiel.

Le projet d’études est alors devenu une entreprise.

Finalement, son amie a quitté le projet, mais Vanessa n’a pas lâché, elle était convaincue que ça allait marcher.

Leur processus de création et de production

Créer soit même

Avant que Sam la rejoigne dans le projet, Vanessa choisissait de travailler avec différents photographes indépendants. Ils étaient payés en touchant des commissions sur les produits vendus.

Mais cette manière de fonctionner est rapidement devenue trop lourde à gérer pour l’entrepreneuse. Elle croulait sous la paperasse, du temps qu’elle ne mettait pas à profit pour développer Fotofibre et créer. Elle a alors commencé à réaliser elle-même les photos.

Un petit peu plus tard, elle a rencontré Sam et lui a parlé du projet : le photographe était vraiment très enthousiasmé et avait la même vision que Vanessa. Elle lui a donc proposé de devenir son associé.

Développer de nouveaux produits

Vanessa a déjà sorti 3 collections complètes sur Montréal. Elle reste à l’écoute de ses clients et dans cette optique, elle développe une gamme de produits autour des grandes villes canadiennes.

Depuis qu’ils sont 2 dans la structure, Vanessa peut plus facilement s’organiser pour partir faire des photos dans les villes sélectionnées.

Les villes retenues pour faire des photos lui ont souvent été demandées par des clients lors des nombreux salons auxquels elle a participé. Elle reçoit également beaucoup d’emails avec des suggestions.

Mais le choix de la destination peut aussi être un coup de cœur de Vanessa lors d’un précédent voyage.

Pour les prochaines collections, Fotofibre proposera donc un mélange des photos de Vanessa et Sam.

De l’idée à la production

En règle générale, Vanessa arrive avec une idée assez précise du produit qu’elle partage à Sam. Ils définissent alors le type de photos nécessaires à la création du produit. Une fois rendus dans la destination ciblée, ils ont déjà repéré les lieux qu’ils veulent photographier, mais ils se laissent aussi découvrir la destination un peu au hasard.

On joue un peu aux touristes, en fait !

Une fois les photos prises, ils commencent à agencer les tissus, décident s’ils ajoutent une sérigraphie ou pas.

L’impression des photos est sous-traitée dans une entreprise montréalaise et ensuite Vanessa s’occupe de la sérigraphie et de la couture.

Mais ils sont actuellement en train de monter une équipe de production qui pourra sortir les produits pendant qu’elle sera sur les routes à développer son nouveau projet.

Vanessa et Sam proposent les produits de Fotofibre sur leur boutique en ligne, mais aussi dans certains points de vente.

Développer sa clientèle

Fotofibre s’est beaucoup fait connaître par le bouche-à-oreille. Mais lors de la première année de création de l’entreprise, Vanessa a ouvert une boutique Etsy. Elle a ensuite participé à de nombreux petits salons pour pouvoir faire connaître ses produits sur l’île de Montréal. Lors de ces salons, beaucoup de boutiques montréalaises l’ont approché.

Il faut savoir que les responsables de magasins se promènent beaucoup dans les salons à la recherche de nouveaux produits, de nouveaux créateurs. L’entrepreneuse reçoit régulièrement des demandes de boutiques, mais elle se permet également de contacter celles avec qui elle veut travailler.

La réalité du créateur-entrepreneur

Le plus gros défi de Vanessa a été de maintenir la cadence au fil des années et de continuer à sortir des produits. Même si les collections sur Montréal marchent très bien, les gens veulent de la nouveauté. Il faut aussi continuer à rester créatif et motivé même si parfois les tâches ne sont pas toujours réjouissantes : comptabilité, gestion du site internet…

C’est plus le maintien que le démarrage qui est difficile

Fotofibre, un projet de créateurs nomades

Deux vans pour un road trip à l’échelle du Canada

Vanessa et Sam ont chacun leur van :

Sam possède un Westfalia depuis 2 ans. Il a commencé à y vivre à temps plein dès la première année, en été. Il adore pouvoir se stationner à 2 minutes du travail pour pouvoir dormir plus longtemps. Avec l’hiver québécois, il n’a pas eu d’autre choix que de reprendre un appartement. Il a trouvé l’expérience assez pénible, il s’est promis que pour l’année suivante il trouverait le moyen de rester l’année au complet dans son van. Finalement, son plan n’a pas fonctionné et Vanessa l’a accueilli dans son appartement : ils sont à la fois colocs et collègues de bureau !

Vanessa n’a pas encore vécu à temps plein dans son van, un GMC Vandura. Elle a fait une campagne de sociofinancement en 2018 pour financer l’achat de son van. L’an dernier, elle s’est attelée à réparer son van, l’isoler et à l’aménager comme elle le voulait.

En avril 2019, Sam et Vanessa partiront sur les routes, chacun avec leur van. L’idée est de voyager à travers tout le Canada pour capturer un maximum de photos pour les futures collections à venir.

Ils rendent définitivement l’appartement. Au programme pour la première partie : Labrador, Terre-Neuve, Nouveau-Brunswick, Île du Prince Édouard, Nouvelle-Écosse, les îles de la Madeleine. Ils voudraient pouvoir revenir à la fin de l’automne et passer l’hiver du côté du Québec et de l’Ontario. Ils repartiront au printemps d’après pour visiter les prairies et l’ouest du Canada.

Le duo a tenu compte des saisons pour bâtir son itinéraire : éviter l’hiver dans les prairies et le Yukon en mars notamment !

Ils feront une pause à la période de Noël dans leur voyage, mais pas dans leur entreprise !

Une pause hivernale dans le voyage pour développer Fotofibre

La période de Noël et les mois d’hiver sont la grosse saison pour Fotofibre : c’est le moment où se tiennent de nombreux salons, sans oublier les marchés de Noël dans les grands centres urbains.

L’hiver représente le tiers de leur chiffre d’affaires.

Lors de leur pause hivernale, ils ont deux objectifs :

  • Renflouer les fonds de l’entreprise, car leur voyage d’avril à octobre risque de générer plus de dépenses que de rentrées d’argent.
  • Présenter au public la première partie de leur voyage avec une nouvelle collection

Ils en profiteront également pour faire les réparations mécaniques sur leurs vans au besoin.

Gérer leur entreprise et la création de leurs produits à distance

Sam a déjà son matériel photo. Ils pensent découvrir les points d’intérêt des endroits un peu à la manière de touristes. Puisque l’idée est de proposer des objets souvenirs qui rappellent le lieu visité ou habité.

Ils vont envoyer au fur et à mesure leurs clichés à l’unité de production basée à Montréal. Une fois le produit confectionné, il sera livré au client par la poste.

Vanessa et Sam vont donc devoir gérer leur entreprise à distance. Ils appréhendent, mais savent qu’ils vont apprendre « en route ».

Ils voient ce voyage comme une phase de développement pour la compagnie et une occasion pour eux de tester de nouvelles choses et de nouveaux produits.

Les conseils de Fotofibre aux créateurs nomades

Le conseil de Vanessa pour développer son entreprise

Vanessa conseille aux créateurs de se lancer et de monter leur entreprise sans trop écouter les conseils extérieurs en se fixant des objectifs personnels. L’idée est de développer une entreprise qui te ressemble.

Le meilleur truc que j’ai trouvé avec les années c’est ce que moi j’appelle « semer des graines partout ».

Son plus grand conseil est de parler de son projet au maximum de personnes même si les résultats ne sont pas immédiats et surtout, sans rien attendre en retour. Au final, le fait de « semer des graines » un peu partout permet d’obtenir de belles opportunités et collaborations.

Il ne faut pas hésiter à parler de son projet à des personnes ou à des entreprises même si leur domaine d’activité n’a aucun rapport au premier abord.

Quelques exemples de résultats inattendus :

En suivant cette méthode, elle a obtenu de l’aide de personnes auxquelles elle n’aurait jamais pensé :

Par exemple, lors d’une formation entrepreneuriale spécialisée pour les artisans, elle avait rencontré une personne qui pouvait l’aiguiller vers des designers d’intérieurs et des architectes. En effet, il s’agissait du dernier canal de vente que Fotofibre ne couvrait pas.

Lors de cette rencontre, elle a pu parler de son projet et a obtenu les contacts qu’elle recherchait. Vanessa pensait que ça allait s’arrêter là. Trois mois plus tard, Vanessa recevait un appel de cette personne lui proposant de développer des produits pour les Grands Ballets. CLASSE !

Une autre fois, une des ambassadrices de Fotofibre, Clouzote, a proposé à Vanessa de participer à un blog trip au Parc Oméga. Arrivées sur place, des présentations ont lieu avec les responsables du parc. Une belle occasion pour Vanessa de parler de son entreprise avec les propriétaires qui ont adoré le concept et ses produits ! Finalement, Vanessa est repartie du parc Oméga avec une des plus grosses commandes de l’entreprise Fotofibre depuis sa création !

Le conseil de Sam pour vivre en van

Tester la vie en van. Avant de se lancer, ne fais pas comme lui, essaie et vas-y progressivement ! Pour être sûr que c’est bien fait pour toi. Le fait d’essayer de vivre de cette manière va aussi te permettre de choisir le bon véhicule selon tes besoins.

Pour vivre à plein temps en van, il va aussi falloir se débarrasser de plusieurs choses, devenir minimaliste. Il faut donc se poser la question et se demander si sur le long terme cette décision ne risque pas de te peser.

Il faut aussi se méfier de l’image de la vanlife véhiculée par Instagram ou par des blogs : la réalité est souvent moins glamour avec les douches à gérer, trouver des w.c., etc.

Après, rassure-toi, ce mode de vie n’est pas irréversible : tu peux aussi bien faire le choix de vivre quelques mois en van et retourner en appartement si tu te rends compte que ce n’est pas fait pour toi !

D’ailleurs, on a écrit un ebook qui peut t’aider à bien démarrer ton projet de conversion véhicule 🙂

Faire décoller son projet et en vivre, ce qu’il faut retenir :

  • En développant des produits demandés par les clientsFotofibre s’assure du succès avant même que le produit ne soit sorti.
  • En participant aux salons, Fotofibre fait rayonner son offre de produit sans se mettre en position de demandeur : ce sont les boutiques qui viennent à l’entreprise. Dans cette dynamique, la relation de confiance est déjà là.
  • Les boutiques qui approchent Fotofibre font aussi la demande de développer une gamme de produits reliée à leur localisation géographique. Ex. : Une boutique installée à Saint-Jean-sur-Richelieu aimerait proposer des articles à l’image de la ville.
  • Travailler avec des boutiques qui ont déjà une clientèle fidèle est un plus pour développer l’entreprise puisque les clients ne se contentent pas d’acheter un seul article.
  • En parlant au maximum de ses produits et de son projet, Fotofibre se crée sans cesse de nouvelles opportunités pour le développement de son projet.

Pour suivre les aventures de Fotofibre

Tu peux suivre Fotofibre sur Facebook et Instagram. Leur site web propose une section blog qui parlera de vanlife et de leur voyage. Tu peux retrouver leurs produits sur la boutique en ligne du site, mais aussi dans les points de vente partenaires.