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Ma vie en van : trouver son équilibre

Clem et Mumu 14 July 2019


 

Florent Conti de Ma vie en van est un créateur nomade depuis plusieurs années déjà : il a une chaîne YouTube, joue de la musique et a écrit un livre sur la Vanlife.

Dernièrement, il a eu un problème mécanique qui l’a obligé de descendre sur Québec. Il a poussé jusqu’à Montréal, car cela faisait longtemps qu’il n’y était pas passé. On a profité de son passage pour lui poser nos questions !

Vous pouvez d’ailleurs retrouver la vidéo de l’interview ici :

 

Il vit dans son van, la Flomobile. Flo vient du journalisme après un cursus traditionnel en sciences humaines. Il a réalisé après quelques premiers jobs que ce n’était pas ce qu’il recherchait. Le manque de liberté lui pesait et il ne voulait pas forcément travailler pour quelqu’un d’autre et devoir faire des heures. Il s’est donc acheté un van pour voyager et travailler sur les choses qui l’intéressent.

Changer de mode de vie

Travailler sur des plages horaires définies pour les besoins d’une entreprise et pas ses besoins était vraiment un enjeu. Sa créativité et sa productivité s’expriment mieux le matin, il préfère donc travailler à ces heures là et faire autre chose le reste de la journée.

Il considère — avec raison — qu’un employé n’est pas productif de 8 h le matin à 17 h le soir en continu et que la majeure partie doivent donc faire semblant de travailler à un moment ou un autre de la journée.

Flo souligne également que de plus en plus de maladies mentales sont liées aux environnements de travail et aux règles auxquelles l’employé doit se soumettre. Il y a ainsi de plus en plus d’arrêts maladie pour épuisement professionnel (burn out). Selon des études, 60 à 65 % des gens exercent une activité qu’ils n’aiment pas.

Pour lui, tu dois profiter de la vie, tu ne dois pas haïr ce à quoi tu occupes tes journées.

C’est d’ailleurs pour cette raison que de plus en plus de personne choisissent de changer de mode de vie et de devenir digital nomad.

Les avantages de la Vanlife

 

 

Pour Florent, la vanlife lui permet de voyager sur les routes et de travailler. Il aime le voyage à petite échelle donc ne recherche pas forcément des destinations lointaines.

La vie en van lui permet d’éviter d’avoir à payer un loyer et donc il n’a pas non plus besoin d’avoir de gros revenus, il vit simplement, dans l’esprit du minimalisme.

L’expérience du minimalisme et de la simplicité, cela t’amène à découvrir d’autres choses sur toi

Il a très peu de frais : l’assurance pour son van, sa nourriture et l’essence.

Pour moi, cela ne vient pas sur un coup de tête, cela doit être pensé, que ça soit durable… changer de vie, il faut la préparer.

Le plus gros conseil qu’on puisse te donner avant de te lancer dans la vanlife c’est d’abord de faire un test : loue un van et pars un mois. Pas forcément en mode « vacances », essaie de travailler dans un van, essaie les villes aussi.

Clem fait d’ailleurs un parallèle avec le freelance : avant de quitter son emploi, il vaut mieux monter sa clientèle petit à petit.

Gagner sa vie en vivant dans un van

Ses débuts en freelance

De par son background en communication, notamment en vidéo et en écriture, il a commencé par se lancer dans une carrière en freelance dans le domaine de la vidéo (vidéo corpo, etc.).

Mais il a très vite réalisé qu’il fallait mettre beaucoup d’efforts pour obtenir des contrats (demandes, pitchs, etc.).

Il a alors commencé à travailler dans la région de Toronto qui est la plus urbanisée du Canada et avec beaucoup de hauts revenus. Les contrats pour des films de mariages étaient très rentables et nombreux sur la période de juin à août. Cela lui permettait de gagner en l’espace de 3 mois ce qu’il fallait pour vivre un an.

Mais il trouvait ça parfois difficile de travailler avec des clients qui n’y connaissaient rien en vidéo. Il était à chaque fois obligé d’expliquer et de justifier sa manière de procéder lors des tournages. Il s’est rendu compte que c’était quand même beaucoup de travail.

Depuis quelque temps, il fait beaucoup moins de missions en freelance, car cette occupation était pour lui une source de stress. Après réflexion, il n’avait pas quitté un travail en entreprise pour se remettre de la pression et des obligations.

Maintenant, il accepte seulement les contrats qui l’intéressent et qu’il a envie de faire. Il faut donc absolument éviter d’être en mode « survie » et de tout devoir accepter.

Si tu es un créateur et que tu souhaites développer ton activité de freelance du bon pied, télécharge gratuitement le guide “Démarrer et booster son activité de créateur freelance”. Tu y trouveras de nombreux conseils pour t’aider à trouver de bon clients et des projets que tu adores.

Multiplier les sources de revenus

Parallèlement à cette activité, il s’est mis à documenter sa vie en van et a monté sa chaîne YouTube. Petit à petit, il s’est monté une audience. Les revenus tirés de sa chaîne sont vraiment très faibles, mais il aime avoir sa liberté d’expression et pouvoir parler des sujets qui l’intéressent : la vie nomade, la nourriture, les habitats durables, etc. Il fait également de la musique en loisir qui lui permet d’accompagner ses vidéos.

Pour vivre, Flo a différentes sources de revenus qui s’additionnent : les droits d’auteurs de son livre, l’argent de la publicité de sa chaîne YouTube, les missions en freelance…

Pour lui, l’idée que l’on doit vivre uniquement d’un seul revenu est une fausse conception véhiculée par les générations précédentes et le travail à temps plein en entreprise.

Tout travailleur autonome le sait, toute personne en freelance le sait, la vérité c’est que c’est plein de petits revenus qui vont te permettre de vivre.

Au final, c’est ça la liberté, tu te fais ta propre structure, ton propre modèle. Mais ça prend du temps, des essais, des erreurs

Flo rappelle aussi que son mode de vie est tout à fait soutenable, mais qu’il faut adapter son niveau de vie à ses revenus : les sorties ou les repas au restaurant ne sont pas forcément compatibles par exemple.

Dans son livre « Ma Vie en Van », Flo partage d’ailleurs ses réflexions sur le sujet. Il cite en exemple le fait que plus une personne gagne d’argent, plus elle augmente son niveau de vie et donc de dépenses.

Les opportunités à saisir quand on est un créateur

Le monde actuel nous offre toutes sortes d’opportunités et de possibilités de contact avec des gens tout autour de la planète. Que ce soit YouTube, Etsy ou Amazon, il y a de nombreuses solutions développées pour les créateurs nomades. Le pouvoir de diffuser ses créations n’est plus réservé à une élite. Internet permet de rendre tes productions artistiques accessibles.

Il a sorti un album de musique l’an dernier et il a testé de les envoyer à la main par la poste ! De quoi réaliser la valeur de son temps ! Finalement, il était soulagé de ne pas en avoir trop vendu ! À refaire, ce n’est pas un enjeu, beaucoup de plateformes offrent des solutions.

Au sujet de tes créations et de leur rayonnement sur les réseaux sociaux, tu dois absolument proposer quelque chose qui vient de toi, qui te tient à cœur. Tu ne peux pas te contenter de copier quelque chose qui fonctionne déjà, surtout dans un univers hyper concurrentiel comme les réseaux sociaux. Il ne faut pas produire de contenu pour les mauvaises raisons, cela ne marchera pas.

Par contre, il insiste sur le fait qu’il faut faire en sorte de mettre en valeur, « vendre » ses contenus et suivre les choses qui fonctionnent. Il cite ainsi l’importance des vignettes et des titres intéressants pour sortir une vidéo sur YouTube.

Je n’ai aucun problème avec le clickbait, si ça suit après.

Maintenant, les algorithmes de YouTube et de Google sont parfaitement capables d’identifier si ton contenu est de qualité. Donc tu peux avoir un titre « putaclic », mais ton contenu a intérêt à être bon aussi.

De plus en plus, Flo est attiré par les contenus longs, que ce soit des podcasts ou des vidéos de 2-3h.

Son type de création préféré

Il adore l’écriture alors que paradoxalement, c’est ce qui lui rapporte le moins d’argent, est le plus difficile avec plus de problèmes à gérer :

J’adore ça et je hais ça à la fois !

Le processus d’écriture prend du temps et demande de se remettre en question constamment, mais il adore écrire et ne peut pas s’en empêcher.

Ma vie en van - Florent Conti

Il a d’ailleurs sorti la première version de ma vie en Van en auto-édition qui s’est vendue à 2 000 personnes. Son livre a donc intéressé un éditeur qui vient de republier le livre.

Flo en a profité pour retravailler la nouvelle version de Ma Vie en van et d’ajouter beaucoup d’éléments pratique sur la vie en van, mais aussi sur la vie de nomade à long terme. Il donne ainsi des idées et partage son expérience.

La gestion des imprévus avec la Vanlife

Ne pas voir les obstacles comme des obstacles .

Il faut s’entraîner à accepter les difficultés, les imprévus. Il faut les intégrer comme une partie de l’expérience et de la vie.

C’est dans l’inconfort et dans la difficulté qu’on voit ce qu’on est vraiment et qu’on peut progresser.

Il est vraiment important de se faire confiance.

Finalement, les galères font partie du « fun » de l’aventure. S’il t’arrive un pépin sur les routes, il vaut mieux le prendre avec philosophie et te dire que dans une semaine, un mois, tu en riras.

Le confort est une notion relative

Ces derniers mois, Flo était parti en France et il a eu l’occasion de voyager dans un autre van beaucoup plus rustique, qu’il a trouvé, au final, moins confortable.

À côté de ça, certaines personnes sont toujours étonnées de la capacité de Flo à vivre dans un van à long terme, car ils estiment que c’est très inconfortable. À l’opposé, d’autres personnes vont se sentir à l’aise de vivre seulement dans un Dodge Caravan à l’année…

Le festival du film nomade sur YouTube

Flo a lancé un festival de vidéo sur la vie nomade sur YouTube : l’idée, c’est qu’il puisse partager les créations d’autres créateurs sur sa chaîne et ainsi les exposer à son audience.

Si tu as envie de participer, tu peux raconter en une vidéo de 2-3 minutes, n’importe quel voyage, n’importe quelle histoire que tu aimerais raconter.

Cela peut être un documentaire, de la fiction, ton histoire ou celle de ton van, un reportage.

L’idée est de faire une petite soirée où il partagera toutes les vidéos sur YouTube en « première » dans un premier temps. Par la suite, il aimerait bien faire une projection en plein air (sur notre bus !)

Trouver l’équilibre

Pour Flo, la vie en van n’est pas une fin en soi, il accorde de l’importance aux initiatives locales, à la nourriture, l’agriculture raisonnée, etc.

Ainsi avec son van, il va dans des fermes et apprends plein de nouvelles compétences. Pour cela, il fait du woofing : ce sont souvent de petites exploitations, souvent bio, avec des productions à petites échelles. Les exploitants de ces fermes sont très intéressants, car ils ont souvent beaucoup voyagé et explorer. En échange de ton travail 4-5 h par jour, ils vont t’enseigner leur métier et tu seras nourri et logé.

Quand il a commencé à s’intéresser à ces thématiques, il n’avait aucune connaissance dans le domaineIl s’est vite rendu compte que c’était en allant au contact des professionnels, en essayant et en prenant des risques qu’il progressait. Et cela peut s’appliquer dans tous les domaines.

Pour Flo, c’est très facile de voyager et donc de raconter une histoire. Le principal risque c’est de toujours rester en mouvement et de ne pas se connecter aux gens et aux lieux.

Le côté négatif de la vie nomade, de la vanlife, c’est d’être dans la fuite à la première difficulté.

L’équilibre c’est la clé.

Que ce soit la charge de travail, les déplacements, les objectifs, tout est une question d’équilibre. Il est important de donner un sens à sa vie, de trouver la

paix.

Où suivre les aventures de Flo de Ma vie en van

Sur sa chaîne YouTube

Toute l’info sur le festival du film nomade sur YouTube

Son livre Ma vie en van

Sa page Facebook

À retenir

  • Identifie les heures où tu es le plus productif
  • Tu dois diversifier au maximum tes sources de revenus pour pouvoir faire face en cas de coup dur : perte d’un gros client, fin de la rémunération liée à YouTube ou à l’affiliation, etc.
  • Bien gérer son stress en freelance c’est choisir ses clients et les projets qui t’intéressent.
  • Adapter son niveau de vie à ses revenus et prévoir un coussin de sécurité en cas de coup dur ou pour l’avenir.
  • Si tu veux te démarquer sur les réseaux sociaux et faire parler de toi, ton engagement doit être fort et venir du cœur. Tu dois être passionné par ce que tu fais.
  • Il est primordial de bien communiquer sur ses créations, que ce soit un livre, un bijou ou une vidéo.
  • Le watch time sur YouTube est aussi important que le nombre d’abonnés ou de vues.
  • Changer de mode de vie se prépare, on ne peut pas se lancer sur un coup de tête si l’on veut que ce soit durable.
  • N’attache pas trop d’importance aux galères, elles sont inévitables donc il vaut mieux en tirer son parti et l’accepter.