Seule avec le monde au temps du Covid-19

Marion Moulin 15 septembre 2026

Seule avec le monde au temps du Covid-19

Seule avec le monde au temps du Covid-19 prend la forme d’un carnet de bord intime, porté par un départ en juillet 2020. Le livre suit Lucile Sarrazin, une voyageuse seule, de l’Europe à l’Amérique du Sud, puis à l’Afrique. Cinq continents et dix-sept pays donnent l’ampleur annoncée de cette route.

Marion Moulin présente ce livre dans sa chronique Au fil des pages, sur la webradio Allô la Planète.

Prendre la route quand le monde change

Le récit commence avec une date précise : le 18 juillet 2020. Alors, le contexte du Covid-19 accompagne nécessairement chaque idée de départ. Pourtant, le livre ne s’installe pas dans le commentaire de l’actualité. Il suit d’abord un désir de vie au grand air.La narratrice affirme vouloir vivre au jour le jour. Une phrase résume cette orientation : « Lucille reconnaît qu’aujourd’hui elle n’a plus besoin de raison pour voyager. » On comprend le voyage comme un geste déjà engagé. La route ne réclame plus de justification.

Le 20 juillet 2020, un extrait lu à l’antenne décrit l’instant du départ. La famille et les amis y occupent une place nette. Ils ne disparaissent pas derrière la figure de la voyageuse solitaire. Au contraire, leur présence accompagne le premier mouvement.

« C’est cette fois, enveloppée de l’aura de mes proches, famille et amis, portée par le rire autant que par leur force, mue par l’alchimie de nos différences, empreinte de pure complémentarité, chacun d’eux ayant contribué à édifier une part de ce que je suis aujourd’hui, que je prends la route de mes rêves dans un élan de quiétude mêlée d’absolue euphorie et de bonheur viscéral. »

Seule avec le monde, un carnet tenu au présent

De nombreux passages auraient été écrits en temps réel. Ainsi, le livre conserve la proximité d’un carnet de route, plutôt qu’un récit recomposé longtemps après. On y cherche les étapes, les départs et les traces laissées par chaque déplacement. Le présent de l’écriture compte autant que la distance parcourue.

Seule avec le monde traverse cinq continents et dix-sept pays, selon la chronique. L’itinéraire exploitable reste volontairement large : l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Afrique. Le livre ne fournit pas ici le détail de chaque frontière ou de chaque halte. Cette absence laisse la place au mouvement général.

Le voyage solo constitue le fil le plus visible. Cependant, être seule ne signifie pas rompre avec tous les autres. Les proches apparaissent au départ, puis lors du retour. Cette circulation entre éloignement et retrouvailles donne sa tension au récit.

Avant le départ, après le retour

Le livre évoque aussi un précédent départ, situé six ans plus tôt, après un master. Cette indication dessine une continuité sans imposer une biographie complète. La route de 2020 ne surgit donc pas de nulle part. Elle prolonge une pratique déjà connue.
Le retour ne referme pas le livre comme une porte. D’abord, la narratrice retrouve ses proches. Puis une phrase brève prolonge le geste : « Pour Lucille, il n’y a pas de doute, le voyage continue. » Le déplacement change de forme, sans quitter entièrement le récit.

Seule avec le monde : pour quels lecteurs ?

Vous aimez les livres qui gardent la poussière de la route et le rythme des jours ? Ce carnet peut vous parler par son écriture annoncée au présent. Il intéressera aussi les lecteurs de voyage solo, sans promettre un guide pratique. Ici, le parcours compte plus qu’un mode d’emploi.

Pour prolonger cette lecture, vous pouvez parcourir d’autres chroniques littéraires publiées par Allô la Planète. On peut aussi découvrir les récits d’un voyageur heureux, dans un autre registre. D’ailleurs, chaque livre de route déplace aussi la manière de raconter. Celui-ci choisit le carnet et le départ.
Seule avec le monde laisse donc une question simple sur la table : quand cesse-t-on vraiment de voyager ?

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