Patagonie en autostop (Argentine, Chili)
19 mars 2025
Patagonie en autostop : de Buenos Aires à Ushuaïa
Un camion de viande, une tente entre deux poids lourds et un ferry longtemps redouté jalonnent la Patagonie en autostop de Béranger Natanelic. Dans ce 10e épisode de la série Tour du monde en stop, il raconte une descente de Buenos Aires jusqu’à Ushuaïa, puis ses premiers pas vers le Chili, dans Papa, Maman, tout va bien !
Un an après son départ de France, en janvier 2024, Béranger atteint Ushuaïa en janvier 2025. Il est parti seul de Buenos Aires, sans carte SIM ni accès à Internet. Pourtant, cette contrainte devient un fil conducteur : pour chaque renseignement, chaque douche ou chaque lieu où planter la tente, il doit s’adresser aux personnes qu’il croise.
Patagonie en autostop, sans réseau mais jamais seul
Au fil de la route, le voyageur décrit une aide souvent très concrète. Près de Buenos Aires, une policière ramasse son tee-shirt tombé d’un banc pendant qu’il le faisait sécher. Plus tard, un hôtelier cherche avec lui une solution pour sa tente et une douche. Ainsi, l’absence de téléphone le pousse à solliciter les habitants plutôt qu’à chercher seul une adresse.
Le quatrième jour, alors qu’il cherche simplement où se laver, un homme l’interpelle dans la rue. Cet entrepreneur de la viande appelle ensuite son équipe : un camion partira vers Ushuaïa le lendemain. Béranger embarque alors pour environ 1 300 kilomètres. Le repas du midi est même pris en charge par l’entreprise. Cette rencontre, née d’une question pratique, transforme une étape de route en longue journée de conversations.
Pour lui, la Patagonie en autostop révèle aussi une Argentine traversée par l’incertitude économique. Il rapporte les préoccupations entendues chez ses interlocuteurs, notamment face à l’inflation et à la fragilité des revenus. Cependant, il souligne surtout leur capacité à continuer malgré un quotidien instable. Son récit ne prétend pas dresser un bilan du pays : il restitue ce que lui confient les personnes rencontrées sur les routes.
Un camion, deux frontières et le ferry vers la Terre de Feu
La route vers Ushuaïa impose de quitter l’Argentine, d’entrer au Chili, puis de revenir sur le territoire argentin. Le chauffeur de camion doit notamment attendre de longues heures aux contrôles avec sa cargaison. Béranger, lui, est déposé dans une station-service pour éviter cette attente. Le soir venu, le conducteur hésite pourtant à le laisser seul avec sa tente et cherche un endroit un peu plus rassurant.
Au matin, il reprend le stop après une nuit courte entre deux camions. Ensuite, deux Argentins le prennent avec un autre Français rencontré au bord de la route. Le trajet paraît modeste sur une carte, mais les frontières et le ferry l’allongent considérablement. Depuis un an, Béranger imaginait toutes sortes de solutions pour franchir ce bras de mer. Finalement, le passage est simple : c’est la voiture qui paie la traversée.
Arrivé sur le ferry, il mesure le chemin parcouru depuis le début de son voyage. Quelques jours et plusieurs milliers de kilomètres après Buenos Aires, la Terre de Feu n’est plus un point lointain sur sa carte. Cette arrivée marque aussi la fin d’un objectif qui avait structuré son année de route.
Ushuaïa, le bout du monde et le revers touristique
À Ushuaïa, Béranger apprécie les montagnes enneigées, le fjord et la baie. En revanche, l’intensité touristique le déroute. Il se repose deux jours, fait ses lessives et retrouve notamment Lucas Wener, voyageur ayant rejoint la Nouvelle-Zélande depuis la France en autostop. Il se sent alors vidé, sans programme clair pour la suite.
Il veut encore rejoindre le phare de Cabo San Pio, plus au sud de l’Argentine. Mais les derniers kilomètres demandent de longues heures de stop sur une route presque vide. Après avoir été déposé à treize kilomètres du site, il marche avec son sac. Les militaires présents lui déconseillent finalement la poursuite vers le phare, en raison du vent, de l’isolement et de son équipement.
Plutôt que de s’obstiner, il choisit un autre phare, plus proche. Cette décision nourrit sa réflexion sur les objectifs que l’on coche parfois sans s’écouter. Dans ce secteur de Patagonie en autostop, il préfère marcher seul dans le paysage du détroit de Drake. Il y observe notamment des dauphins, des pingouins et des oiseaux, avant d’être ramené à Ushuaïa par des pêcheurs.
Partir d’Ushuaïa et laisser venir les occasions
Après une mésaventure dans un hôtel, Béranger trouve un logement pour quelques nuits et rencontre plusieurs voyageurs liés au bateau-stop ou au voyage à voile. Il évoque aussi son projet, alors incertain, de rejoindre l’Antarctique. Des entretiens pour travailler sur un bateau avaient nourri cet espoir pendant plusieurs mois. Pourtant, l’entreprise ne le recontacte jamais.
Cette attente lui fait revoir ses priorités. Désormais, il ne veut plus forcer un itinéraire ni concentrer toute son énergie sur une destination. Il préfère discuter dans les marinas, faire connaître son envie d’embarquer et attendre qu’une possibilité se présente. Puis il quitte rapidement Ushuaïa, dont les prix et l’atmosphère ne lui conviennent plus.
Il découvre alors l’accueil chez Graciela, qui propose aux voyageurs de planter leur tente dans son jardin contre une contribution. Béranger y rencontre Marianus, un Allemand qui commence tout juste le stop. Cette halte lui rappelle qu’un hébergement payant peut aussi être un échange chaleureux. La route reste ensuite faite d’attentes, de frontières et de rencontres imprévues.
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Écoutez l’épisode pour suivre cette Patagonie en autostop, entre camions, détroit de Drake et choix de ne pas tout prévoir.
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