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Voyage avec Arturo, la passion du ceviche

Maud Calves 8 mai 2025

[PODCAST]

Arturo, la passion du ceviche

C’est en cherchant un bon ceviche que je suis tombée sur Arturo. Enfin, d’abord sur Anita, son ex-femme, plantée devant son petit stand à Lima, criant “ceviche pas cher, viens t’asseoir chérie !” avec un sourire qui ne laisse pas le choix. Le stand, coincé entre une poissonnerie et un marché de légumes, ne paie pas de mine. Mais dans l’assiette : soupe de poisson brûlante, riz aux fruits de mer, calamars frits croustillants, et un ceviche comme j’en ai rarement goûté. Le genre de plat qui vous fait revenir, peu importe où vous êtes dans le pays.


 

 

Derrière le comptoir : Arturo. Casquette verte vissée sur la tête, polo violet, regard doux, sourire franc. Il s’appelle Arturo Rano Espinosa Melina, il a 55 ans, et il cuisine comme il vit : à l’instinct, avec passion, et toujours pour les autres.

Arturo prépare des ceviche dans un quartier touristique de Lima

À côté du restaurant d'Arturo, la poissonnerie de sa mère

À côté du restaurant d’Arturo, la poissonnerie de sa mère

Du béton à la cuisine populaire

Arturo n’a pas toujours été cuisinier. Né à Barranco, il grandit dans le marché où sa mère vend du poisson depuis des décennies. À 19 ans, il part au Venezuela travailler comme conducteur de camions. Il y reste quelques années avant de revenir au Pérou pour retrouver ses enfants, nés d’un premier mariage.

C’est alors qu’il commence à vendre du ceviche dans la rue. Une activité modeste, mais ancrée dans une tradition familiale : enfant, c’est déjà lui qui préparait ce plat pour ses frères. La pandémie de Covid-19, en le privant de son emploi, le pousse à s’installer durablement dans le quartier qui l’a vu naître, avec une clientèle fidèle qui connaît son histoire.

Aujourd’hui, Arturo vend environ 70 plats par jour. Il travaille tôt le matin, commence par accompagner sa mère au marché au poisson, puis enchaîne avec les courses de légumes et la préparation des plats, qu’il réalise avec Anita, la mère de son plus jeune fils, avec qui il continue à collaborer malgré leur séparation.

La journée d'Arturo commence à 4h du matin pour obtenir le poisson le plus frais possible

La journée d’Arturo commence à 4h du matin pour obtenir le poisson le plus frais possible

Musicien dans l’âme, chef par vocation

Arturo a aussi une autre vie : celle d’un passionné de musique. Conservatoire, guitare, chorale de quatre hommes, voix de baryton… Il chantait souvent avec ses enfants, jusqu’à ce que le Covid lui prenne sa voix. Un tuyau dans la gorge, des cordes vocales abîmées. Il pensait mourir, et il était prêt : « J’ai bien vécu, bien mangé, bien bu. Ce que j’ai voulu faire, je l’ai fait. »

Aujourd’hui, il rêve encore. De Rome, de la Tour Eiffel, de vacances qu’il n’a jamais prises. Il espère enregistrer une chanson avec ses trois enfants.

Dans cet épisode d’Autochtone, je vous emmène à sa rencontre.

Pour l'interview, on s'est posé dans un bar à côté du marché

Pour l’interview, on s’est posé dans un bar à côté du marché

Autochtone de Maud Calves, le podcast voyage d’Allô la Planète qui révèle des histoires d’habitants et la richesse de leurs cultures

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