Le changement climatique vu par les voyageurs
7 juin 2021
Le changement climatique vu par les voyageurs
Dans cet épisode d’Au-delà des murs, Flo’ et Steph de la webradio des voyageurs parlent du changement climatique vu par les voyageurs. Lucas, Ruben, Thomas et Mathis racontent comment le réchauffement climatique bouleverse les paysages, les modes de vie et les façons de voyager. De la Laponie au Pérou, de Cuba à la France, chacun témoigne d’un monde en mutation, mais aussi d’initiatives locales porteuses d’espoir.
Lucas – En Laponie, la glace fond plus tôt
Guide de traîneau à chiens depuis huit ans, Lucas connaît intimement les hivers du Grand Nord. Mais les saisons changent : en Laponie comme au Canada, il observe moins de froid, plus de tempêtes et des sols qui ne gèlent plus. Là où les températures descendaient autrefois à –46°C, il ne fait plus que –26°C. Les lacs se figent plus tard, provoquant des accidents tragiques chez les élans. De retour en France, Lucas sensibilise les enfants dans les écoles à la préservation de la planète et de la faune sauvage, convaincu que les jeunes générations peuvent inverser la tendance. Pour lui, “on ne peut pas être parfait, mais on peut tous agir à notre échelle”.

Ruben – Au Pérou, les glaciers reculent et les consciences avancent
Depuis Cuzco, Ruben témoigne d’un Pérou fragilisé par les inondations et la fonte accélérée des glaciers andins. Les changements climatiques modifient les cultures, l’alimentation et la vie des habitants des montagnes. Pourtant, le pays s’adapte : développement d’énergies solaires, recyclage des déchets, consommation locale et sensibilisation dans les écoles. Ruben remarque aussi que les touristes changent : ils viennent désormais avec leurs gourdes filtrantes, évitant les bouteilles plastiques. Si Lima reste une ville très polluée, la jeunesse péruvienne semble plus consciente et tournée vers un avenir durable.

Musique : The Avener – Castle in the Snow
Thomas – À Cuba, entre montée des eaux et solidarité active
Ancien étudiant en Amérique latine et membre de l’association France Amérique Latine 33, Thomas coordonne un projet environnemental dans la péninsule de Zapata, au sud de Cuba. Là-bas, la mer gagne un mètre par an, rendant l’eau douce rare et menaçant les écosystèmes. Son association aide les habitants à récupérer l’eau de pluie, désaliniser l’eau de mer et replanter la mangrove, barrière naturelle contre les ouragans. Thomas rappelle que Cuba, isolée depuis des décennies, a dû apprendre à vivre en autarcie écologique bien avant les autres. Aujourd’hui encore, les habitants innovent avec peu de moyens, dans une logique de survie collective. Un modèle inspirant pour le reste du monde.

Mathis – De l’Islande à la France : repenser la micro-aventure
Réalisateur et créateur de contenu sous le nom de Tortuga, Mathis partage une réflexion lucide sur le voyage durable. Après avoir traversé l’Islande à pied pour documenter la fonte des glaciers, il observe comment le tourisme de masse et les réseaux sociaux déforment la notion d’aventure. Pour lui, la “micro-aventure”, devenue tendance depuis le confinement, est une fausse bonne nouvelle. Elle recentre le voyage localement, mais provoque une surfréquentation de certains sites naturels, comme le Mont-Blanc ou le Colorado Provençal. Entre l’Islande, les îles Féroé et le Costa Rica, Matis plaide pour un équilibre entre accessibilité, régulation et éducation : voyager moins, mais mieux.

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